Antoine Ermann, le pied à l’étrier, les rênes en main


À 19 ans, Antoine Ermann affiche déjà un joli palmarès. Amoureux des chevaux, le Chevagnotin baigne dans l’univers équestre depuis son plus jeune âge et après l’obtention de son bac il y a un an, il a choisi de se consacrer exclusivement au cheval. Son objectif : faire carrière en tant que cavalier professionnel et poursuivre le travail entrepris par son père…


Le centre équestre de Chevagny-lès-Chevrières, labellisé École française d’équitation, est une des structures les mieux adaptées en Bourgogne, tant pour la qualité de son enseignement que pour ses infrastructures. Au même endroit, l’Élevage de la Lie qui voit naître des chevaux de sport, forme les couples cavalier-cheval et les fait évoluer ensemble. À l’origine de tout cela, un homme, Jean-Yves… Ermann. Un passionné qui travaille depuis plus de trente ans avec les équidés. Un passionné qui a transmis l’amour des chevaux à son fils, Antoine…


« Je suis né dedans et j’ai grandi au milieu des chevaux, explique le jeune homme. À 4 ans j’étais déjà sur un poney et j’ai tout de suite accroché. » Petit, il suit naturellement les cours de la maison avec quelques amis, « pour l’ambiance, pour être avec eux. » Mais très vite il se rend compte que c’est plus qu’un loisir d’enfant. « C’est plus physique qu’on le pense et il faut être très rigoureux. »


À 9 ans, il fait sa première compétition, il monte aussi plus sérieusement et plus régulièrement. Et ce n’est pas sa première lourde chute en CM2 avec quelques côtes cassées et un rein abimé, qui va le freiner. « Je n’ai pas mis longtemps à me remettre en selle et à l’adolescence, à partir de 13 ans, j’ai vraiment ressenti du plaisir, j’aimais la compétition. J’ai compris rapidement que c’était un sport où il fallait s’occuper des chevaux tous les jours, c’est aussi ça qui me plaisait et qui me plait toujours aujourd’hui. Il faut du temps et de la patience avec les chevaux. Il faut les comprendre, leur faire comprendre ce que l’on veut leur faire, leur faire aimer les entrainements. Créer cette relation entre l’animal et le cavalier peut prendre des années. »


En selle et dans les box

Après les cours au collège, plutôt que de retrouver les copains, Antoine opte donc pour les entraînements et passe également des heures à s’occuper des animaux. « Ils sont dans un box de 9 m2 toute la journée, il faut donc les sortir, les faire travailler. Mon père m’a confié la responsabilité de plusieurs chevaux dont je m’occupais tous les jours. Depuis la 6e, j’ai ce rythme et je m’y suis très bien fait. À côté, je m’entrainais avec mon père, il me faisait confiance au quotidien et n’a jamais été exigeant avec moi. Il a toujours tenu compte de mon avis et m’apportait son expérience. »



Antoine enchaine les compétitions. Et les bons résultats. De sa première victoire - « certainement au centre équestre de Chevagny puisque mon père organisait pas mal de concours » - à son titre de champion de France junior l’an dernier. À 12 et 13 ans, il est sacré champion de Saône-et-Loire dans sa catégorie, à 14 ans, il termine à la deuxième place. En 2015, lors des championnats de France à Mâcon, il termine 4e ex æquo chez les cadets, en 2017 en Normandie, il prend la 8e place ex æquo en cadets.

Un an plus tard, il participe à la même compétition à Tours, en catégorie junior cette fois. Il ne lui faudra pas attendre longtemps pour inscrire son nom au palmarès. Pas n’importe où en plus puisque c’est chez lui, à Mâcon, qu’il décroche le titre de champion de France junior avec son cheval Azur du Vinnebus. Dans la foulée, il réalise la meilleure performance française en individuel au championnat d’Europe à Zuidvolde aux Pays-Bas avec une belle 13e place. Ses deux meilleurs souvenirs dans sa jeune carrière.


Azur et or

S’il doit cette réussite à ces efforts et à son travail, Antoine sait aussi que sans Azur, il ne serait peut-être pas là aujourd’hui. « Mon père l’a acheté quand il avait 6 mois, il a 10 ans aujourd’hui. Comme d’autres, il l’a fait travailler et l’a dressé, la différence c’est que lui il ne l’a pas revendu, il me l’a gardé entre guillemets quand il a vu que je commençais à mordre dans ce milieu pour m’offrir un certain niveau d’épreuve. Ça fait maintenant deux ans et demi que je le monte et ensemble, on est arrivé à un très bon niveau. On connaissait très bien Azur, il a montré très tôt que c’était un bon cheval, sans pour autant être extraordinaire. Quand je l’ai récupéré en juin 2018, assez vite les concours se sont très bien passés. Plus on montait de niveau, mieux il sautait. On a alors compris qu’on avait un bon cheval et ça s’est confirmé aux championnats de France et d’Europe où notre couple a très bien fonctionné. »


Depuis quatre ans, le cavalier s’entraîne avec Jérôme Ringot, trois à quatre fois par semaine. « Il fallait que je vois autre chose, que je change de méthode et de fonctionnement pour continuer à progresser. Je devais m’aguerrir et consulter une personne extérieure pour travailler aussi sur les points qu’il me manquait. » Depuis un an aussi, son bac en poche, Antoine a choisi d’arrêter ses études et de se consacrer entièrement au monde du cheval pour en faire son métier. « C’était prévu ! Je veux rester dans les écuries familiales de mon père et continuer son travail, même si on m’a conseillé de partir à l’étranger pour apprendre une nouvelle langue et acquérir de l’expérience. Mais comme on dit toujours, on est jamais aussi bien que chez soi alors pour le moment je profite, je n’ai pas envie de partir. »


Elios de la Lie, le travail récompensé

Son quotidien s’écrit donc à Chevagny avec de longues journées entre les écuries et le bien-être des cheveux et le dressage. « Je monte plusieurs chevaux tout au long de la journée et je m’occupe de l’entraînement des jeunes et des plus âgés, il faut continuer à former les chevaux de tête, mais préparer les plus jeunes pour l’avenir. » Il part une à deux fois par mois plusieurs jours pour les compétitions nationales et les CSI. Comme fin septembre, à Fontainebleau pour la grande semaine de l’élevage.

Pour sa première participation, Antoine a remporté la grande finale des championnats de France des jeunes chevaux (de 4 à 7 ans) avec Elios de la Lie, dans la catégorie 6 ans. « C’est un des produits de l’élevage, un des premiers poulains que l’on a vus naître et que l’on a suivi jusqu’à maintenant. C’est un cheval à surveiller pour l’avenir. » Cet avenir que le jeune champion rêve le plus haut possible avec ses chevaux, sur des CSI 5 étoiles notamment. « Il y aura forcément des déceptions parce que dans ce monde, on peut très vite se retrouver en haut comme en bas, c’est notre quotidien, mais il faut savoir relever la tête et continuer. » Avec la même passion.