Arbol prend racine !


À 21 ans, Vincent Marlin est à la tête d’une entreprise éco-responsable. Installé à Prissé depuis un an maintenant. Arbol (arbre en espagnol) distribue des gourdes en aluminium recyclables, produites et fabriquées en Union européenne. Son objectif : participer ainsi à la diminution de la consommation de bouteilles en plastique tout en s’engageant dans une démarche de transition écologique et de développement durable. Le jeune entrepreneur nous explique tout…

Comment vous est venue l’idée de créer votre entreprise ?


La pollution à l’environnement est une chose à laquelle je suis sensible depuis tout petit. Je suis issu de la génération anti plastique, on m’a appris les dangers du plastique sur le corps et l’environnement. J’ai grandi à la campagne et en arrivant dans une grande ville pour mes études, je me suis vraiment rendu compte des modes de consommation actuels, du tri qui n’était pas forcément fait ou respecté, des bouteilles de plastique omniprésentes dans la distribution… J’avais vraiment envie de changer le mode de consommation et de participer à la préservation de notre environnement.

Pourquoi avoir choisi des gourdes ?

Je pense que la première chose à faire pour changer ou diminuer sa consommation de plastique est de s’attaquer à l’hydratation. Tout le monde boit et doit s’hydrater tous les jours. Mais on peut aussi boire raisonnablement et durablement avec un peu de rationalité en arrêtant les bouteilles plastiques. Aujourd’hui, vous avez soif vous trouvez partout des petites bouteilles d’eau qui vont finalement vous servir dix minutes avant d’être jetées. Devant ce constat, j’ai moi-même acheté une gourde et j’ai décidé de me lancer là-dedans pour permettre à d’autres, comme moi, de changer leur mode de consommation.

Quelles ont été vos démarches ?

J’ai cherché un fabricant et en une nuit c’était fait. Mes gourdes sont fabriquées en Union européenne, je peux toucher la matière, la personnaliser. Je ne voulais pas de produits chinois, achetés en gros et revendus sur des plateformes, et cela s’est déjà avéré positif lors du confinement mondial. Quand tout était fermé, j’ai vendu deux fois plus de gourdes que d’habitude.


Pouvez-vous nous parler de votre produit ?

Il existe un seul modèle de gourde décliné en trois volumes (60 cl, 75 cl et 1 litre) et en huit couleurs. Elles sont personnalisables. Ce sont des gourdes en aluminium, la matière la moins énergivore dans sa phase de fabrication et dans sa phase de recyclage. C’est également recyclable à l’infini. Une fois cassées ou abimées après quelques mois ou quelques années d’utilisation, on peut les récupérer. Et c’est ce qu’on va faire et ce qu’on a déjà mis en place avec des points de collecte chez nos distributeurs.

Où les trouve-t-on ?

Pour le moment, je travaille avec des distributeurs sur Cluny, Saint-Gengoux-le- National, La Chapelle-de-Guinchay, Dompierre-Les-Ormes, Gueugnon et Prissé, au Super U. Je rencontre les distributeurs et le concept leur plait. La diminution de la consommation du plastique est nécessaire pour eux aussi. À terme ils n’auront pas le choix de diminuer leur proposition plastique. Et puis c’est toujours intéressant de représenter une marque jeune qui s’engage pour l’environnement.

Vous avez eu une grosse commande de la part du Conseil départemental de Saône-et-Loire…

Avec le festival No logo dans le Jura lors duquel 400 gourdes ont été distribuées en un week-end, c’est ma plus grosse commande. J’avais déjà fourni des gourdes dans un club de football de Cluny, financées au trois quarts par le SIRTOM de la Vallée de la Grosne. C’est ce qui m’a permis de faire parler de l’entreprise et le Conseil départemental m’a contacté. C’est une grosse satisfaction. Après, je n’ai pas sauté au plafond. Que ce soit 50 gourdes ou 6 000, ça reste le même geste, et il y a encore beaucoup de travail. Même si cela montre un besoin réel, et me donne une certaine légitimité pour continuer et m’ancrer dans ce commerce-là.


Vous reversez également un euro par gourde vendue pour planter un arbre…

On fonctionne avec un fonds de dotation de reforestation et de gestion durable de la forêt, Plantons pour l’avenir. À chaque gourde vendue, je m’engage à reverser un euro pour planter un arbre. Ça fait partie aussi de ma volonté d’œuvrer pour la nature et préserver le patrimoine commun. D’ici quelques mois, 8 000 arbres seront ainsi plantés dans le département, ce qui représente 6-7 hectares de forêt. Nous allons aussi planter des arbres autour du Super U de Prissé. En plus de végétaliser le terrain, ils laisseront au consommateur une empreinte visible de son geste éco-responsable.

Vous avez déjà des idées pour vous développer ?

Ces prochains jours, avec mes collègues, on va recontacter pas mal de magasins et opérer cette expansion. Les enfants de 6e ont eu leur gourde, mais pourquoi pas toucher toute la famille, le petit frère et la petite sœur veulent peut-être aussi leur gourde. L’idéal serait bien sûr que toute la famille soit équipée. Ensuite, on va travailler sur le recyclage. Une fois recyclées, soit on fera d’autres gourdes 100 % françaises cette fois, soit d’autres produits en relation avec la dépollution. Il existe une multitude d’objets aujourd’hui qui peuvent diminuer cette consommation plastique. On va étudier cela dans les prochains mois. Et on aura certainement d’autres produits d’ici un an.

Un jeune entrepreneur

Mâconnais d’origine, Vincent Marlin a grandi à Flacé avant de partir à l’âge de 10 ans à Dompierre-les-Ormes. Collégien à Matour, il a ensuite fréquenté le lycée La Prat’s à Cluny. Il est aujourd’hui en deuxième année de Droit à Dijon. « Je me dirigeais vers un master de Droit pour entrer dans le corps des officiers de l’armée, ça reste une possibilité, mais au train où l’entreprise tourne je vais certainement continuer sur cette lancée. Mais je sais aussi que le Droit va me servir dans cette voie et m’apporter un certain nombre de connaissances pour la gestion d’une entreprise. »

Il concilie donc son statut d’étudiant de chef d’entreprise. « C’est un équilibre à avoir et avec mes collègues, eux aussi étudiants, on se partage les tâches, même s’il faut tout le temps travailler à raison de plusieurs heures par jour pour Arbol. »

Sensibilisé depuis son plus jeune âge à l’environnement, Vincent Marlin prend le train tous les jours : « Je n’utilise plus la voiture c’est une grosse contrainte certes, mais c’est mon geste de tous les jours. Et bien sûr, je bois dans mes gourdes ! »

À SAVOIR

Écolo de Z à Z

Les emballages d'envois des gourdes sont entièrement recyclables. Arbol utilise en effet des cartons et des papiers pour protéger les produits lors du transport. Les colis sont sécurisés par du papier kraft et non du scotch. Les solutions de protections pour les gourdes et les bouchons sont en papier récupéré auprès d'un commerçant qui ne les utilisent pas.

En ce qui concerne les envois postaux, les livraisons sont 100 % neutres en CO2. Arbol utilise uniquement les services de la Poste pour les envois à domicile et points relais.


Les collégiens du département équipés

Dans le cadre de son plan environnement voté en juin dernier et pour encourager le zéro déchet, le Département a lancé un partenariat « une gourde achetée = un arbre planté » avec l'entreprise prisséenne. 6 000 collégiens des établissements privés et publics du département ont reçu ou vont recevoir leurs gourdes Arbol.