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Au cœur du service néonatologie de Mâcon…

En France, un bébé prématuré nait toutes les huit minutes, soit 60 000 bébés prématurés par an. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter ces dernières années. Et la Saône-et-Loire n’échappe pas à cette évolution. À Mâcon, le centre hospitalier dispose d’un service de néonatologie et de professionnels qui accueillent ces bébés et accompagnent leurs parents. Pour leur donner des repères et les faire grandir ensemble… Rencontre.


Un lundi après-midi d’automne au 4e étage du centre hospitalier. À la sortie de l’ascenseur, un papa avec un couffin, visiblement pressé de repartir avec femme et enfant… Un autre devra encore attendre quelques jours et vient juste rendre visite à sa petite famille… Plus loin, une maman inquiète marche en direction des urgences pédiatriques avec son enfant malade… Et au bout du couloir, une porte, un interphone, un service, celui de la néonatalogie.


Un pied à peine dans le sas d’entrée, que l’on a l’impression d’être dans une bulle. Un autre monde. Sans un bruit, si ce n’est quelques pleurs de bébés. La lumière est tamisée. Ici, pas de va-et-vient constant non plus, on parle doucement, on apaise, on écoute, on accompagne… parents et bébés. Ces bébés arrivés bien avant l’heure, pas prévus aussi tôt. Fragiles, tout petits, presque minuscules… Ils tiennent dans le creux d’une main, ne pèsent qu’un peu plus d’un kilo et se battent pour vivre. Du ventre chaud de leur maman à la couveuse, ils changent de cocon et vont continuer leur développement et leur croissance dans les couveuses du service.


Le service comprend dix lits dont trois de soins intensifs, deux salles de couveuse, une salle de réa, une bibonnerie, une salle de soins, trois chambres individuelles et deux doubles pour les jumeaux par exemple. Il prend en charge les nouveau-nés prématurés né à partir de trente-et-une semaines. Avant c’est à Lyon ou Dijon, qu’ils sont redirigés. Le service de néonatalogie de Mâcon prend également en charge à la naissance les bébés nés à terme ayant besoin d’une prise en charge particulière à la naissance (détresse respiratoire, diabète gestationnel, infection…), ainsi que les bébés nés dans un contexte difficile.


À leurs côtés, une équipe composée de pédiatres, d’infirmières, de puéricultrices, d’auxiliaires de puériculture, d’une cadre de santé, d’agents de service hospitalier, d’un kiné, d’une psychologue, d’une psychomotricienne, d’une assistante sociale… Jour et nuit tout ce petit monde se relaie pour veiller sur ces petits bébés : quatre soignants, le médecin et le cadre la journée, trois soignants la nuit. Parce que toutes les technologies (scope et électrodes, sonde d’alimentation, aide respiratoire, photothérapie…) se penchent quotidiennement sur le berceau, le geste médical n’est suffisant. Au-delà des fils et des tuyaux branchés de toute part, il y a d’autres fils bien invisibles, mais tout aussi essentiels : ceux du regard, de la parole et de la présence. Des parents, mais aussi du personnel présent H24 dans le service.


Elles s’appellent Adeline, Claudine, Elsa, Christelle ou encore Sophie, sont infirmières puéricultures à Mâcon depuis dix ou vingt ans et pour rien au monde n’échangeraient leur place avec un autre. Bien sûr il y a des moments difficiles, des urgences médicales à accepter, des situations familiales différentes à gérer, des moments où il faut séparer le bébé de la maman … mais ce métier elle l’aime. « Il ne faut pas venir dans ce genre de service par défaut. C’est une passion, un métier passion. Tout ce que l’on fait ici est naturel, on ne s’en lasse jamais, chaque bébé, chaque parent est différent. Chaque journée aussi avec des entrées, des sorties. On grandit avec les parents et les bébés. On est témoins de leur évolution, actrices aussi parce qu’on a su apporter à un moment donné ce petit quelque chose qui a fait que… Certains préfèrent travailler avec un public adulte, nous ce sont les petits bébés fragiles, ça ne s’explique pas c’est comme ça ! On les accompagne, on accompagne leurs parents… »

Au rythme des biberons toutes les trois heures, des soins de nursing « si possibles au même moment que les soins techniques, pour ne pas interrompre leurs phases de repos et de sommeil profond. On avance au rythme de l’enfant pour qu’il poursuive son développement de la même manière que s’il était encore dans le ventre de maman. Aussi petit, tous les soins extérieurs sont agressifs pour lui, c’est pour cela ce que l’on prend un maximum de précaution et qu’on les évite au maximum. » Toutes ont aussi une relation particulière avec les nouveau-nés. « Un bébé ne parle pas comme un adulte, mais il y a un vrai relationnel, on réussit à l’apaiser quand on s’occupe de lui. »


Et tout cela, elles le transmettent aux parents qu’il faut également rassurer. « Personne ne s’imagine vivre une grossesse comme cela. Quand on attend un bébé, on ne pense pas à la prématurité. C’est vraiment quelque chose que l’on ne prévoit pas, et cela devient un choc dans un parcours, explique Sandra Variot, cadre de santé. Il leur faut un certain temps pour accepter, nous sommes là pour les rassurer et les accompagner autant sur le plan physique que psychologique. »


Dans ce service qui ne dispose pas de chambres permettant à la maman de rester avec son bébé à côté d’elle 24h/24, la porte est toujours ouverte. Les parents peuvent venir en visite nuit et jour et rester le temps qu’ils le souhaitent. Une salle des parents est d’ailleurs à disposition avec fauteuils et coin cuisine. « On donne la possibilité aux parents d’être présents autant qu’ils le veulent et le peuvent. Quand ils sont là, on est présentes pour répondre à leurs questions, les soutenir si besoin, être avec eux pour réaliser les soins, les changes, l’alimentation, les accompagner et les rendre autonomes. Le peau à peau et le portage sont aussi magiques pour les bébés qui en ont besoin, c’est un moment rassurant et privilégié, à la maternité comme à la maison. » Parce que le suivi et les conseils ne s’arrêtent pas aux portes de la couveuse et du berceau du service. Une fois rentrés à la maison, elles aiment avoir de leurs nouvelles (lire par ailleurs) et les voir grandir. Non sans une certaine émotion parce que chaque histoire est différente. Chaque naissance est guidée par la même passion… Celle de leur métier.


La prématurité, qu’est-ce que c’est ?

Une naissance à terme a lieu entre la 37e et la 41e semaine d’aménorrhée. Si bébé arrive un peu avant la 37e semaine d’aménorrhée, soit avant huit mois de grossesse, on parle de prématurité. Mais il existe plusieurs niveaux : de 35 à 37 semaines, le bébé est prématuré, de 32 à 34 +6 on parle de prématurité modérée, de 27 à 31 +6 de grande prématurité et de 22 à 26+6 semaines de très grande prématurité ou prématurité extrême.

Le service néonataologie de l’hôpital de Mâcon est classé niveau 2 et accueille les prématurés à partir de 31 semaines et/ou 1,2 kg

Ces bébés nés trop tôt ne sont pas matures sur plusieurs niveaux : respiratoires, digestifs, comportement, tonus et leur état nécessite une prise en charge constante.

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