Axel Duperret, du bleu mâconnais aux bleuets français


À 17 ans, Axel Duperret vient de connaître sa première sélection sous le maillot de l’équipe de France avec l’équipe U19 de… futsal. Formé à l’UF Mâconnais, où il est resté jusqu’à ses 15 ans, le jeune gardien a ensuite raccroché les gants*… et abandonné les terrains à 11 pour se consacrer au futsal. Pensionnaire du pôle France à Lyon, le Mâconnais est aujourd’hui licencié au GOAL, plus grand club de futsal en France, avec lequel il joue régulièrement en Régionale 1 avec les seniors.


Comment passe-ton du football à 11 au futsal ?

Quand j’étais U15 à l’UFM, j’ai joué le championnat de Bourgogne de futsal avec les U16 du club, en étant surclassé. C’est à ce moment là que le district de Saône-et-Loire m’a repéré et j’ai été sélectionné pour jouer avec l’équipe de Saône-et-Loire. Ensuite, j’ai passé un test avec la Ligue de Bourgogne et la Ligue Grand Est, j’ai réussi et j’ai joué un match Interligues. C’est là que j’ai appris que j’étais parmi les joueurs invités à la détection pour entrer au Pôle France futsal. J’étais forcément content d’aller à Clairefontaine, mais aussi surpris parce que jusqu’à là je faisais surtout du football. Et finalement j’ai été recruté au Pôle et je suis à Lyon depuis deux ans maintenant.


Ce n’est pas trop difficile d’abandonner le football à onze ?

J’ai pesé le pour et le contre et j’ai vu que j’avais plus d’opportunités de jouer à un haut niveau si je faisais du futsal. Après, on peut prendre une double licence et continuer les deux disciplines, mais dans le projet du Pôle, le but est de s’investir pleinement dans le futsal pour progresser. Et ce projet me convient parfaitement.


Comment se passe cette formation ?

Depuis trois ans, je suis au pôle à Lyon. Actuellement en Terminale, je bénéficie d’horaires aménagés pour suivre les cours et en même temps m’entraîner le plus possible. La semaine, je m’entraîne donc au Pôle, le week-end et pendant les vacances scolaires, avec GOAL (Grand Ouest association lyonnaise) Futsal, où je suis licencié. Je suis en Régionale 1 senior en équipe première. On est trois gardiens, le coach nous a prévenus dès le début que ça serait le plus performant et le plus constant qui jouerait. Il y a une réelle concurrence, malgré mon jeune âge, il me fait autant confiance qu’aux autres.


Quelles différences y a-t-il entre un gardien de foot à 11 et de futsal ?

En futsal, il faut être concentré à 100 %, du début à la fin du match, avoir une bonne anticipation, une bonne lecture du jeu, être explosif, rester debout un maximum et prendre de la place dans le but. Et bien sûr avoir un bon jeu au pied car le gardien en futsal a plus d’impact et un rôle plus important dans le jeu. Aujourd’hui, j’ai développé toutes ces qualités grâce au Pôle, même si je sais que je dois encore m’améliorer dans le jeu aux pieds et progresser dans tous les domaines. J’aime aussi cette responsabilité qu’a le gardien dans l’équipe, que ce soit à onze ou au futsal, c’est un rôle que j’ai toujours aimé endosser.


Ton travail a été récompensé avec cette sélection en U19 France, tu t’y attendais ?

Au vu de ma progression et des bonnes performances que j’ai réalisées avec le Pôle lors de matchs internationaux aux Açores, au Portugal et en Slovaquie, c’est la suite logique des choses. L’avantage d’être au Pôle et de rencontrer ces jeunes nations, c’est que l’on peut gagner en expérience et situer notre niveau. J’ai eu la chance de partir cinq jours en Slovénie avec les U19 et de jouer un match et demi sur les trois. Globalement, j’ai fait une bonne performance sur et en dehors du terrain.


Quels sont tes objectifs ?

Continuer à progresser et me faire une place tranquillement dans le groupe pour être là en fin de saison à l’Euro 2021. À terme, l’objectif, c’est bien sûr d’intégrer l’équipe de France A en continuant de travailler parce qu’il n’y a que le travail qui paie. Je suis dans un club avec un bon projet, très bien encadré qui veut monter en ligue 2 l’année prochaine puis en Ligue 1 dans la foulée et qui s’en donne les moyens.


Ça fait quoi d’entendre la Marseillaise ?

C’est spécial, ça donne des frissons au début. Il y a la fierté et de l’émotion. C’est le genre de moment que tout footballeur, tout sportif même, rêve de vivre.