Barbara Barthet, ambassadrice du sport boules

Fin septembre à Martigues, Barbara Barthet a décroché son deuxième titre de championne du monde en tirs relais mixte. Un nouveau titre qui ne fait que confirmer son statut de reine du sport boules féminin. À 27 ans, la Mâconnaise ne compte pas s’arrêter là et espère encore enrichir son palmarès dans les semaines et les mois à venir. Mais elle a aussi un autre objectif : défendre son sport et lui donner la reconnaissance qu’il mérite…

Une partie de pétanque entre amis, un verre à la main, un physique de sportif du dimanche… Le portrait n’est pas flatteur et pourtant aujourd’hui, quand on parle sports boules, c’est ce cliché qui prédomine bien (trop) souvent ! Que fait-on de toutes ces qualités qu’il requiert, de toutes ses disciplines proposées ? Oui le sport boules souffre toujours de son image et de son manque de visibilité. À tel point qu’il a une nouvelle fois été recalé pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024…


Ce n’est pas faute de briller sur la scène européenne et internationale ni d’avoir de grands ambassadeurs. Une d’entre elles est Mâconnaise, multiple championne de France, d’Europe et du monde en individuelle et en équipe, en tir en relais et en tir progressif. À 27 ans, Barbara Barthet est une fille en or et sportive accomplie dans cette discipline qui requiert endurance, résistance, vitesse, précision et persévérance.


La belle aventure de Barbara dans les boulodromes a commencé il y a vingt ans, déjà. « Ma mère et mon beau-père étaient dans ce sport donc j’ai voulu essayer et j’ai adoré ! J’avais 7 ans depuis je n’ai jamais arrêté. » Pourtant, elle ne se contente pas de fréquenter le boulodrome de Mâcon. Parce que le sport, c’est sa vie. « L’école du sport c’est l’école de la vie, on murit plus vite, on devient plus vite autonome et indépendant. Et je ne me vois pas vivre sans faire de sport ! » À l’époque, elle s’essaie donc à l’athlétisme à l’EAM - « je voulais me perfectionner dans les courses d’élan et gagner en endurance pour le sports boules… et puis finalement, j’ai fini au saut à la perche ! » - et au judo à Charnay et à Mâcon. À chaque fois avec succès avec une ceinture noire sur les tatamis et plusieurs finales de championnat de France en athlétisme.


« Tout cela m’a apporté sur le plan technique et physique, mais il a fallu faire un choix. Parce qu’entre l’école, le travail ensuite, les entraînements qui se chevauchaient et les compétitions le week-end, il m’était impossible de tout continuer. » Le sport boules lui offre la possibilité rapidement de goûter aux tournois internationaux et à l’équipe de France, alors forcément le choix est vite fait. Avec les résultats qui vont suivre et des heures d’entrainement. « Ça demande un très bon physique qui correspond à du 1500 m en athlétisme, de la puissance, de l’endurance en gardant de la lucidité, de la technique et du physique. C’est vraiment un mélange de tout ça, un sport complet ! »


Pour progresser plus vite et continuer à côtoyer le haut niveau en club, Barbara choisit de rejoindre le club de Saint-Vulbas. « Le club féminin de Mâcon s’est arrêté et Saint-Vulbas me voulait depuis quelques temps. Je voulais d’abord finir mes études et avoir le bac avant de rejoindre le plus gros club de France et d’Europe. »


Le travail paie, les résultats suivent pour cette bosseuse, exigeante et perfectionniste. Elle s’entraine deux fois par semaine en club, le week-end c’est compétition et le reste de la semaine, la Mâconnaise court et s’impose des séances de renforcement musculaire pour continuer à progresser dans ce domaine. Un rythme fou… alors forcément quand le premier confinement est arrivé et avec lui l’arrêt des compétitions, « on se dit que ça fait du bien de couper un peu, mais j’ai vécu des moments difficiles sans accès au boulodrome, même pour nous entrainer, sans l’adrénaline des compétitions. J’ai bien essayé de me challenger et de me lancer des petits défis personnelles, seule, mais ce n’est pas la même… »

En janvier, elle a pu reprendre l’entrainement normalement « avec cette chance que tout soit revenu au même niveau malgré ce temps d’arrêt. Ce qui m’inquiétait le plus en fait c’est de voir les autres compétiteurs étrangers continuer à jouer alors qu’en France tout était à l’arrêt. On a beau s’entraîner, rien ne vaut la compétition. » cela ne l’a pas empêché de performer fin septembre à Martigues, aux championnats du monde épreuve de relais mixte avec Alexandre Chirat, son partenaire en club. Barbara a remporté le 20 septembre son deuxième titre de championne du monde en relais mixte après celui obtenu en 2018 en Chine. « Avec Alex, on se connaît très bien, mais je savais qu’en face il y avait une grosse concurrence. Cela me tenait à cœur de remporter ce titre. Tout s’est bien déroulé même si j’ai eu du mal à rentrer dans la compétition, mais quand il a fallu être présente je me suis réveillée et j’ai toujours pu compter sur le soutien d’Alex. »


Barbara a pu compter sur son expérience et sa capacité à se gérer, sur son équilibre au quotidien aussi, entourés de ses proches et de ses amis. « Après toutes années de compétition, cette habitude des grands championnats peut m’avantager. Ma plus grande force c’est de bien me connaître. Je sais comment faire quand ça va, comment faire quand ça ne va pas. Savoir se connaître et s’analyser est important dans ces moments. Je sais que j’ai encore tendance à être trop nerveuse sur un terrain et c’est un des aspects sur lequel je dois encore progresser. »


Du 11 au 17 octobre, Barbara sera en Italie pour le mondial en individuel et en relais féminin avec un objectif : le titre. « J’y vais pour la médaille d’or, c’est certain, après avec la loi du sport on ne peut pas prévoir, mais je peux dire aujourd’hui que je me suis préparée ! » D’ici, la championne va continuer son travail au sein du comité olympique de l’Ain, en tant que chargée de développement et de la communication, un poste qu’elle occupe depuis un an. Et elle a du travail pour faire connaître sa passion : « On manque de visibilité et de communication aujourd’hui. Il y a toujours ces clichés, mais le sport boules, c’est un vrai sport et ça pourrait attirer du monde. Il y en a pour tous les gouts avec une partie physique, des jeux ludiques, du point, du tir… Chacun peut trouver ce qui lui convient. »


L’arrivée du sport boules aux JO de 2024 aurait pu accélérer cette médiatisation, mais il faudrait encore attendre : « C’est dommage et c’est un gros coup dur parce que ça nous aurait vraiment aidés. Mais on ne perd pas espoir, si ce n’est pas à Paris ce sera peut-être en 2028, même si ce sera plus dur loin de la France… » Un défi donc, mais c’est tout ce qu’elle aime ! Et puis ce serait une super récompense avant de raccrocher et de se consacrer pleinement à sa vie de femme…