Bienvenue au Château de Chasselas !


Au carrefour de la Bourgogne et le Beaujolais, dans un paysage de carte postale, le Château de Chasselas s’inscrit aujourd’hui entre œnotourisme et grands vins de Bourgogne. Le domaine, labellisé HVE (Haute valeur environnementale) s’étend sur douze hectares de vignes à Chasselas et Leynes et produits quinze cuvées qui font la fierté de ses propriétaires, Jean-Marc Veyron la Croix et Jacky Martinon.


Édifié dès 1325 par les seigneurs de Chasselas, le château a traversé les siècles entre pillages et ruines de ses propriétaires successifs. Passé entre les mains de douze famille, il a longtemps laissé à l’abandon avant de retrouver une nouvelle vie depuis les années 70. La famille Reme, installée à Paris, en fait sa maison de vacances et commence sa restauration. Par amour des lieux.


En 1999, Jean-Marc Veyron la Croix et Jacky Martinon, installés jusqu’alors à Paris, rachètent le château et son domaine. Jacky est issu d’une famille de vignerons du Beaujolais depuis plusieurs générations. Jean-Marc, lui, est dans le milieu de la mode pour homme et rêve de s’installer à la campagne. Les deux amis décident de s’associer et cherchent un domaine dans le Beaujolais, en vain. Jusqu’à ce qu’un agent immobilier lyonnais leur propose de visiter le Château de Chasselas.

« On est vraiment arrivés là par hasard, explique Jacky. On a eu le coup de cœur et on a vu tout de suite qu’il y avait du potentiel, même si les quatre hectares de vigne étaient en mauvaise état, et les installations viticoles inexistantes. Mais on avait tout le temps d’en racheter par la suite. » À cheval entre La Bourgogne et le Beaujolais, c’est surtout l’emplacement du village qui les séduit, à proximité des infrastructures routières, de Lyon, de Paris et de la Suisse.

Châtelains, vignerons et… maire

Les deux amis profitent du bon état de la partie habitation pour s’installer sans tarder. Et se souviennent encore aujourd’hui du formidable accueil qui leur est réservés. « L’ancien propriétaire, qui était très attaché aux lieux, nous a présenté tous les gens du village, il a même organisé une petite fête pour notre arrivée. Il était rassuré de voir que nous allions poursuivre son travail et pas transformer les lieux en un hôtel ou autre. » Très vite les deux hommes s’intègrent à leur nouvelle vie et au village et s’impliquent pour le territoire. Jean-Marc entre au conseil municipal et devient même maire en mars 2008.


Ils ne perdent pas pour autant leurs objectifs et commencent dès leur arrivé de très gros travaux, notamment avec la création d’une salle de réception. Bien qu’amoureux du vin et de la vigne, Jacky veut aussi faire autre chose et jouer la carte de l’œnotourisme, avec l’accueil de mariages, l’ouverture d’un gite de onze personnes (auquel viendra s’ajouter prochainement un gite de six personnes), des déjeuners et dîner dégustation, des visites VIP du domaine avec dégustations des vins, mâchons et autres produits locaux.

«C’est nous qui menons les visites, c’est important de transmettre notre passion et d’expliquer nous-mêmes ce que nous faisons. C’est aussi ce que les gens apprécient quand ils visitent une cave. On organise des expos et des concerts depuis seize ans pour faire découvrir les lieux et nos vins. Vous venez à Chasselas, vous n’y passez pas par hasard, on fait donc en sorte d’attirer les gens. »

Mariages, concerts et dégustations

Avant la crise sanitaire, le Château accueillait entre vingt et vingt cinq mariages par an, ce qui représente 20 % du chiffre d’affaires avec le tourisme. La grande cour intérieur offre un cadre prestigieux aux familles. Au pied des murailles, le parc arboré et verdoyant est un autre atout non négligeable, tout comme l’héliport dans les jardins et la cave voûtée en cas d’intempérie. Et bien sûr, sur les tables des vins du domaine pour les convives.


Le domaine de Chasselas produit aujourd’hui quinze cuvées et 60 000 bouteilles par an, contre 2 000 bouteilles et deux cuvées les premières années. « De quatre hectares, nous sommes passés à douze sur Chasselas et Leynes. Deux vignerons du village nous ont revendu leurs vignes. On a aussi passé 7-8 ans à faire de la très grosse restauration des vignes. Nous avons refait la cuverie en 2003 et on a équipé la cave de fût de chêne. À notre arrivée, il n’y en avait pas, mais j’y tenais vraiment parce que je suis un amoureux du bois. » Ces fûts sont changés tous les 4-5 ans et sont posés sur des galets tournants permettant de les faire tourner librement sur eux-mêmes, sans les sortir, ni toucher les fûts voisins.

Les châtelains vignerons innovent sans cesse et élèvent leur vin dans le respect du terroir pour une qualité irréprochable. Ils proposent une large gamme issue du Chardonnays et du Gamay : quatre cuvées de Saint-Véran, deux en cuves inox, une cuvée moitié cuve, moitié fût, une 100 % fût de chêne ; en rouge du Beaujolais village et un Mâcon, deux cuvées de Crémant, une 100 % cuve, une avec 30 % de fût de chêne, un effervescent rosé en Gamay et rosé et un effervescent rosé très doux et aromatiques.


Du Chasselas… à Chasselas

Autant de vins servis aux hôtes lors des mariages. Ces vins sont également à déguster dans la boutique sobre et élégante, un espace complet dédié au vin. Jean-Marc et Jacky font également un peu de négoce en Pouilly Fuissé avec un ami à eux. « On travaille également avec la maison Dubœuf depuis trois générations et la maison Drouin, que des maisons familiales parce que je fonctionne beaucoup à l’affect. »


Le domaine de Chasselas produit également du… Chasselas depuis deux ans ! « Nous sommes les seuls à faire du Chasselas à Chasselas. On trouvait bizarre de ne pas en trouvé dans le village d’autant qu’il est prouvé scientifiquement que ce cépage vient bien de Chasselas. » Il y a cinq ans, ils décident donc de planter leurs premiers pieds de Chasselas. « Ce sont des Suisses qui sont venus chez nous et qui nous ont demandé à déguster du Chasselas un jour, mais on en avait pas. Il y en a eu sous Louis XIV, mais plus après. J’ai donc contacté le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) et ils m’ont donné carte blanche pour un vin de France. C’est un cépage assez dur à travailler, mais c’est sympa d’en avoir ici. On est d’ailleurs les seuls à faire du Chasselas à Chasselas ! »

Après 700 premières bouteilles l’an dernier, le domaine a sorti 2 000 bouteilles en 2020. Une cuvée qui a déjà séduit les sommeliers du groupe Georges Blanc. Jean-Marc et Jacky travaille également avec de nombreux restaurants et se développent vers l’Asie à l’export. Toujours avec la même exigence, la même sensibilité au quotidien pour délivrer un produit vivant et de la meilleure qualité possible.