Bienvenue Ravi et Thambi !

Depuis le 2 juin, la Saône-et-Loire compte deux nouveaux habitants et non des moindres. Des beaux bébés d’1,6 tonne chacun. En provenance du parc animalier belge Pairi Daiza, les deux jeunes éléphanteaux sont arrivés à Touroparc. Un transfert inédit tant par son caractère exceptionnel que par le challenge qu’il représente. Avec eux, le parc zoologique de Romanèche-Thorins va en effet jouer un rôle primordial dans la recherche et la lutte contre l'herpès virus qui décime la population d’éléphants d’Asie…


Il est 19 h 45 ce jeudi 2 juin quand l’escorte de gendarmerie arrivent à Touroparc. Les deux stars de la journée sont très attendues. Devant le parc, une foule de curieux, de soigneurs et personnels du parc pour les accueillir. Partis de Belgique depuis 10 h le matin, Ravi et Thambi, les deux éléphanteaux de 5 et 6 ans, sont dans leurs caisses. Ils fouleront le sol bourguignon et retrouveront leur box vers 22 h, après une minutieuse opération de déchargement.

Ce transfert inédit a été préparé depuis plusieurs mois entre le zoo belge et Touroparc. La direction et les équipes (zoologiques et vétérinaires) se sont rendus tour à tour en Belgique puis en France. Le staff de Touroparc a ainsi pu faire connaissance avec les petits. L’objectif : préparer leur arriver dans le moindre détail, connaître leur journée type, leurs habitudes comportementales, de repos ou alimentaire. L’idée étant de pouvoir assurer le lien et poursuivre ce quotidien et ce travail d’apprentissage. Nicolas, un des soigneurs belges, est d’ailleurs resté cinq jours à Romanèche, il reviendra en juillet.

Cet échange rentre dans le cadre de l'EEP* (Plan d’Élevage Européen) ainsi que dans la gestion de l'espèce en parc zoologique. Ravi et Thambi ont déjà vu et compris quelques codes de vie en groupe à Pairi Daiza. Ils sont donc prêts à passer à l'étape suivante. Maung-Too, le mâle de 24 ans de Touroparc, va tenir le rôle du grand frère avec des codes que seul lui peut transmettre. Tous les trois seront mis en contact direct courant juillet.

L’arrivée de Ravi et Thambi s’inscrit également dans le cadre du programme First Bachelor Group. Touroparc a été missionné par le coordinateur des éléphants d’Asie pour être acteur dans l’élevage et la sauvegarde de cette espèce sur toute l’Europe.

La population des éléphants d’Asie est en effet en extrême danger. Il ne resterait plus que 30 à 40 000 individus à l’état sauvage. Autant dire qu’il s’agit là d’un énorme challenge pour l’équipe de Touroparc. Et ce d’autant plus que jusqu’à l’âge de 10 ans, les éléphanteaux peuvent être mortellement touchés par l’herpès virus. Cette maladie touche les pachydermes et décime leur population depuis une cinquantaine d’années. 20 % des nouveaux nés (jusqu’à 9 ans) éléphants d’Asie sont décédés de l’herpès virus ces dix dernières années. Pire encore, 80 % des cas déclarés décèdent avec un traitement adapté.


« On prend un risque énorme sur le sujet, explique Thomas Gervais, son directeur. On aurait pu accueillir un autre mâle adulte ou une femelle et être plus tranquille, mais ce n’est pas notre choix. La famille Livet a été à l’époque précurseur de l’arrivée des éléphants en province, j’ai voulu continuer à œuvrer sur leurs traces pour avoir une fonction différente, aider la recherche et ainsi jouer un rôle primordial dans la lutte contre l’herpès virus, qui se déclenche avec le stress notamment. Nous n’en sommes qu'au début de la recherche. On a un traitement depuis deux ans, mais il ne sauve que 70 % des cas. Au quotidien, deux fois par jour, nous ferons des tests sur les éléphants. Et nous allons travailler activement pour augmenter ce taux ! »

Pour cela, Touroparc va tisser des partenariats avec l’EFS Bourgogne-Franche-Comté, l’EFS Moulins, le laboratoire Agrivalys 71, le Pal pour la mise en commun de moyen, le laboratoire Vébio à Paris pour les analyses PCR et les zoos de Pairi Daiza et Whashington. Sans oublier l’entreprise Sysco, mécène qui œuvre activement aux côtés de Touroparc.