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Célestin a bien grandi

Il y a quatre ans, What’s Up avait rencontré Sébastien Rambaud à la veille de son show avec les Fills Monkey au Spot. Le Mâconnais est un des deux acolytes de ce duo « humorythmique ». Mais ce virtuose de la batterie est aussi un auteur, compositeur et interprète, plein de talents et de projets. Et à l’époque il nous avait présenté sa nouvelle aventure : Célestin, un personnage qui a la tête dans les étoiles et qui raconte de belles histoires. Un poète qui s’invite dans vos salons et qui sillonne la France depuis…


© Simon Lambert et Mathieu Grondin

Sébastien, lors de notre dernière rencontre, Célestin naissait… Ce projet vous le vouliez plus intimiste et proche des gens. Vous aviez vu juste avant les années difficiles que nous venons de vivre pour la scène culturelle ?

Cela faisait un moment que le projet était en gestation, mais je n’avais pas pu y mettre autant d’énergie que je le souhaitais étant également sur la tournée des Fills Monkey. Avec les confinements et la période qui a suivi, j’ai eu plus de temps libre. Et les deux dernières années et demie ont été principalement consacrées à Célestin avec la sortie de deux albums et le troisième en préparation. Sans le savoir, on va dire que j’ai eu le feeling en souhaitant proposer des concerts en petit comité. J’ai eu la chance d’arriver au bon moment, quand tout était fermé. Avec ce projet hyper intimiste, sur lequel je peux être tout seul sur scène, la porte était grande ouverte pour Célestin. Là où tout était fermé pour les Fills. J’ai pu partir en tournée et faire énormément de dates, chez les gens parfois seul avec ma guitare, parfois en amenant ma sono. Cela m’a permis de jouer et de continuer à partager cet univers avec un public, ce qui n’était pas le cas pour tout le monde dans la profession.


Vous avez trouvé cette proximité avec le public que vous recherchiez ?

Aller chez les gens, dans leur jardin, dans leur salon, jouer devant 15 ou 80 personnes, c’est fou et c’est une super énergie. Je suis très fier d’avoir joué au Spot, dans ma ville, dans cette superbe salle avec les Fills Monkey, mais je le suis tout autant d’être dans un salon avec Célestin et des gens très attentifs et connectés. Il y a aussi une émotion et une énergie vraiment dingues. Ces deux projets artistiques sont très différents, mais ils sont aussi complémentaires, je me sens chanceux de pouvoir faire les deux.


Chanceux et épanoui artistiquement ?

Je ne sais pas si je peux dire ça puisque j’ai envie de continuer à développer ma musique, de la partager avec encore plus de gens et d’avancer davantage. La période actuelle est vraiment très frustrante pour l’art et la musique live en France et à l’international. Avec les Fills j’ai ce projet international plutôt humoristique dans lequel je m’éclate et c’est plutôt jouissif. Avec Célestin, j’arrive à exprimer d’autres choses et d’autres émotions. Il y a toujours ce côté humoristique évidemment, mais je peux aussi me permettre de chanter, de m’exprimer et d’aller plus loin dans l’émotion, la sincérité.


Des émotions partagées avec le public…

Avec Célestin, à chaque fois, il y a un échange très sincère. Je parle beaucoup avec les gens avant et après. Il y a ces compliments, ces remerciements de leur part, mais la meilleure chose c’est à la fin d’un concert, quand on me demande un « hug », un câlin. Ces gens qui viennent et me prennent dans leurs bras. On ne les connaît que depuis quelques heures, et il y a une connexion tellement forte qu’à la fin de ce concert, ils ont envie de cette étreinte. C’est très beau et très fort. Je commence à toucher quelque chose une connexion qui va au-delà des mots et de la musique. Cette relation humaine, c’est ce qui me semble le plus fou et m’encourage à continuer.


À continuer jusqu’où ?

Je suis quelqu’un d’assez curieux et ouvert, j’ai envie de tout essayé en ce moment. Des concerts privés au domicile des gens avec pour seule lumière la lampe de chevet qu’on descend dans le salon, à des scènes comme celle de La Cave à musique avec 150 personnes, des lumières, du son et des amis musiciens autour de moi. Dans ce projet de Célestin je me permets toute liberté, à partir du moment où j’ai envie de faire quelque chose, je peux aller dans plein de direction. Je vais donc continuer dans cet état d’esprit et faire d’autres salles à Paris notamment. Le 8 décembre, je fais le Petit Point virgule, une première pour mois, après le Petit Olympia en octobre. Après les premières parties de Babylon Circus, Le Peuple de l’Herbe et Oldelaf, je vais bientôt faire celle de Gauvain Sers. Et puis j’ai quelques dates en France.


Comment passe-t-on d’un jour à l’autre d’un salon avec quelques personnes à une salle parisienne ?

C’est un grand écart vraiment, mais je suis chanceux de pouvoir tourner dans des lieux aussi différents ! Il y un équilibre réel. Si je n’avais fait que des salons, je rêverais de faire des grandes salles. Et si je n’avais fait que des Zéniths ou des grandes salles avec les Fills, je serais peut-être déconnecté du public. Or, aujourd’hui, le public est le cœur de ma pratique scénique. Je veux toucher les gens, aller au plus profond des cœurs, c’est ce que j’essaie de construire pendant mes shows. Dans une salle ou dans un salon, il n’y a que le cadre qui change, pas le cœur ! On vit une crise difficile et la capacité de s’adapter à des lieux plus petits ou alternatifs est très importante.


Et le 17 décembre, vous serez à la MJC, pouvez-vous nous parler de cette soirée ?

L’idée est de faire une création comme on l’a fait à La Cave. Pendant une semaine, je vais travailler avec des musiciens sur mes morceaux, on va répéter, monter un répertoire qui donnera une représentation unique. Pour cette occasion, je vais poser la guitare pour retrouver mon instrument de prédilection la batterie. Et à mes côtés, Guillaume Farley, un virtuose de la basse longtemps musicien pour Gotainer, mon grand ami Julien Lacharme aussi qui a joué avec Alpha Blondy entre autres, un grand ami et le musicien le plus exceptionnel que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans ma, vie avec qui j’ai commencé la musique il y a plus de 20 ans. Je ne sais pas ce qui va sortir de cette semaine, mais ça sera très fort et unique.


Votre écriture a évolué depuis la naissance de Célestin ?

Oui beaucoup ! Célestin est un personnage extrêmement inspiré de moi-même. Jusqu’à maintenant je puisais dans mes expériences. Au début, j’écrivais des chansons plutôt humoristiques, puis des chansons d’amour impossible et compliqué. Or, ces deux dernières années, les chansons ont vraiment été teintées par les paysage politique et écologique. Il faut parler de certaines choses, échanger et c’est ce que je fais sans prétention aucune. Je ne suis pas plus politisé qu’un autre, mais je suis autant citoyen que tout le monde. Et en tant que citoyen j’ai mon mot à dire sans aller trop loin, ma parole me semble importante et ce n’est pas le moment de se taire. L’environnement est une de mes préoccupations depuis très longtemps. Mais ces derniers temps, j’ai réussi à ouvrir la porte à des chansons plus engagées. Mon deuxième album est plus engagé que le premier et le troisième va rester sur la même vague.

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