Et Lyon s’illumine à nouveau


© ville de Lyon

Une vague géante sur la place Bellecour, des ondes de ricochets à la surface du lac du Parc de la Tête d’Or, des nids de lumière dans des sous-bois, un immense serpent surgi des profondeurs, un phénix coloré dans une jungle tropicale, des carpes qui dansent, un cheminement lumineux courant sur la cime des arbres, un lapin altruiste dans un conte aztèque, un jardin floral tout en lumières...


L’évocation de la nature est omniprésente parmi les œuvres de cette nouvelle édition de la Fête des Lumières. Ces représentations d’une nature tour à tour puissante ou fragile, sauvage ou domestiquée, mythique ou bien réelle, participent à créer une atmosphère paisible et poétique, propice à la contemplation, à la respiration, à la rêverie.

D’autres créations viennent interroger notre perception du monde à travers des installations qui jouent sur la singularité des points de vue et la frontière parfois ténue entre réel et imaginaire.

La pandémie de Covid-19 a également inspiré les artistes qui ont conçu des œuvres évoquant le confinement, mais aussi les relations et échanges virtuels qui se sont noués au cours de cette période.

La programmation mêle objets lumineux, scénographies, performances, mapping vidéo, des plus intimistes aux plus spectaculaires, réalisés par des architectes, des plasticiens, des vidéastes, des éclairagistes, ou encore un vannier !

Les artistes reconnus au plan international côtoient les jeunes talents, en pleine émergence. Certains d’entre eux font leur première apparition à la Fête des Lumières, tandis que d’autres en ont déjà fait leur terrain d’expression à plusieurs reprises.


La Vague (place Bellecour)

Sébastien Lefèvre et Jocelyn Mienniel

À la nuit tombée, des centaines d’écailles s’élèvent sur la place Bellecour, ondulant sous le souffle d’une brise légère. Telle une vague, bercée par le son mélodieux d’une flûte, l’onde surgit du sol, flottant dans un camaïeu de teintes lumineuses.


Le Lapin dans la Lune (Place des terreaux)

Renato González-Gutierrez et Sarah Matry-Guerre


Surgi du cosmos, le dieu serpent à plumes Quetzalcóalt arrive sur Terre, revêtu d’une apparence humaine. Affamé et affaibli, il rencontre un lapin, qui se sacrifie pour qu’il puisse se nourrir. Reconnaissant, Quetzalcóalt fait don au lapin d’une place éternelle dans la lune pour que les hommes puissent l’admirer et se souvenir de son sacrifice et de sa bonté. Depuis, chaque soir au clair de lune, le lapin apparaît sur la surface de l’astre de la nuit… La transposition graphique de ce conte aztèque s’inspire des illustrations très colorées des communautés traditionnelles.

Frame Perspective (Place de la République)

Olivier Ratsi et Thomas Vaquié

Suspendus au dessus du bassin de la placede la République, 56 cadres lumineux placés en deux rangées se succèdent, formes géométriques alignées et démultipliées. Leur perspective est soulignée par une composition lumineuse organique, évoquant une respiration ou une vague.


[AB] géométrie variable (quai Romain Rolland)

Caty Olive / La BF15

De fines perches de lumière de taille identique sont insérées à la base de la ramure des arbres. Depuis le quai Romain Rolland, l’installation offre l’expérience immersive d’une traversée sousles lignes incandescentes posées sur les branches. Depuis la rive gauche de la Saône, ce sillage lumineux des arbres offre une vue panoramique qui s’étire, telle une partition rythmée par les ondulations lumineuses.


Synergetics (place des Célestins)

LTBL (Benjamin Petit et Marion Roche)

Les lignes et triangles de néons d’un dôme géodésique de 8 mètres de diamètre sont parcourus par des flux lumineux. Ils représentent les connexions et communications numériques mises en place à travers le monde pendant le confinement.


©Tetro+A

IRIS (cathédrale Saint-Jean)

AV EXTENDE, Ena Eno & Stéphane Clor

En sept tableaux graphiques qui subliment la façade et la rosace de la cathédrale Saint-Jean, ce mapping montre en quoi l’œil et ses composantes constituent des outils d’interprétation du réel. Comment appréhender les formes, les couleurs, les textures ? Comment s’adapterà la luminosité, ou dépasser les capacités de l’œil humain ?


Phénix (place Louis Pradel)

Julien Menzel, Damien Reynaud

Un phénix de néons vibre de multiples couleurs vives et changeantes, évoquant les magnifiques plumages d’oiseaux tropicaux. Cet animal mythique symbolise l’espoir et la renaissance, à l’instar de certaines espèces menacées qui peinent à se redévelopper. L’ambiance sonore, composée de chants d’oiseaux enregistrés en Guyane, transporte le visiteur au cœur d’une forêt tropicale.


Visions (colline de Fourvière)

Benjamin Nesme, Marc Sicard

A la manière des peintres symbolistes du XIIe siècle, le dessin de lumière projeté sur les façades d’habitations figure une faune et une flore fantasmagoriques qui dialoguent avec les symboles des monuments de ce quartier historique.


Vortex-1 (place de la Bourse)

LIGHTLAB CREATIVE, YO

Surgis de l’obscurité, des anneaux lumineux se forment. Tout d’abord unis, ils tournoient à différentes allures, scannant l’espace et créant un champ de force autour d’eux. Au fur et à mesure, de petits déséquilibres s’accumulent et les mouvements lumineux et sonores se décorrèlent.


PARC DE LA TÊTE D’OR

Pour la première fois, le Parc de la Tête d’Or accueille trois œuvres qui rendent hommage à la nature et aux éléments, à découvrir au fil d’une paisible balade dans la pénombre.

La Rivière

Cédric Le Borgne

À l’orée arborée des berges du Rhône, la vie du fleuve s’invite hors de l’eau. Les visiteurs sont accompagnés dans leur cheminement vers le Parc de la Tête d’Or par de grandes carpes nageant au-dessus de leur tête. Les poissons, lumineux et translucides, s’animent au rythme des reflets argentés de leurs écailles.


©Nicolas Paolozzi

La créature du lac

Nicolas Paolozzi, Baptiste Martineau

Hydra est une créature mythique vivant dans le lac du parc depuis des millénaires. Tel un gigantesque serpent de mer, il sort la nuit venue pour déambuler parmi les visiteurs, son corps évoluant en torsion au milieu d’un champ de fleurs de lotus, symboles de douceur de l’âme et de mansuétude. Cet esprit protecteur veille avec bienveillance sur la faune et la flore du parc. Le corps de la créature est traversé d’une douce énergie lumineuse, et ses murmures sont enveloppés dans une atmosphère sonore apaisante.

Vegetal’lum

Erik Barray

Douces ponctuations dans l’obscurité, d’insolites et poétiques objets lumineux en vannerie composent une scénographie végétale qui crée un univers féérique au sein du parc tout en valorisant son patrimoine naturel. Dans sa déambulation, le visiteur croise des nids lumineux installés au creux des arbres, éclairant subtilement les sous bois. D’improbables plantes phosphorescentes sont nonchalamment sus- pendues au-dessus de l’eau du lac ou ornent la pelouse.

Ricochets (sur le lac et la berge opposée, après l’îleau Souvenir)

Jérôme Donna

Le calme du lac du Parc de la Tête d’Or est troublé par l’apparition d’ondes lumineuses, de lignes de ricochets majestueuses qui se forment sur sa surface. Ces ondes flottantes brillent, circulent et viennent envahir l’espace, venant surprendre les spectateurs.


UN TREMPLIN POUR LA JEUNE CRÉATION

La Fête des Lumières constitue un formidable terrain d’expérimentation pour les jeunes artistes, et leur offre, souvent pour la première fois, une visibilité auprès d’un large public.

Place Sathonay Expérimentations Étudiantes

Les lauréats des Expérimentations Étudiantes réinvestissent la place Sathonay et ses alentours avec 22 œuvres.

Lycée La Martnière Diderot ARCH’tefact

Dans l’ancien cloître des Augustins, devenu la cour du Lycée La Martinière Diderot, treize arches lumineuses colorées redessinent l’architecture du lieu, symbolisant les parcours des élèves et étudiants qui les habitent et traversent chaque jour.

Out of the box fondation Bullukian

Des danseurs évoluent, seuls ou à plusieurs, enfermés dans des boîtes transparentes. Leurs mouvements, captés par chacune des boîtes selon des systèmes différents, génèrent des images vidéo, de la lumière et du son, qui reflètent leur imaginaire.


©Sylvain Pouillart

Nouvelle Vague Gare Saint Paul

Trois jeunes artistes du Vidéo Mapping European Center présenteront sur la façade de la gare Saint Paul un format court sur les thèmes de l’imaginaire, du voyage, de l’émotion, de l’environnement, avec le dépaysement en toile de fond.

Au-delà des quatre soirs au cours desquels se concentreront la plupart des œuvres, la Fête des Lumières trouve cette année différents prolongements. Un prolongement géographique, avec une présence accrue au sein du Parc de la Tête d’Or, l’ouverture pour la première fois du Parc Blandan et une implantation inédite aux SUBS. Un prolongement dans le temps, avec des œuvres qui perdureront tout au long du mois de décembre, mais aussi avec des rencontres, des animations avant et après la manifestation.