Frédéric Miguet, un maire multi-casquettes


En 2001, à 38 ans, il devenait le plus jeune maire du Rhône. Depuis, Frédéric Miguet a enchaîné les mandats et vient d’être réélu maire de Fleurie pour la quatrième fois. Rencontre.

Vous le verrez rarement dans les soirées mondaines, il n’aime pas cela… Frédéric Miguet est un homme de terrain. Un homme qui aime aller à la rencontre de la population, des commerçants et autres acteurs de la vie associative, économique et touristique. Des sportifs aussi ! Le Caladois est président du club de rugby de Villefranche (Cercle sportif de Villefranche rugby). Mais c’est surtout un amoureux du Beaujolais, de ses vignes, de ses paysages et de son authenticité.

Docteur vétérinaire, Frédéric Miguet est arrivé à Fleurie en 1990. Avec sa femme, elle aussi vétérinaire, ils reprennent la clinique du village. « J’avais cette volonté de m’installer à mon compte et l’opportunité de Fleurie s’est présentée. Ça nous a tout de suite plu, il y avait aussi à l’époque ce côté agricole intéressant, avec des interventions dans une trentaine de fermes, contre cinq, six aujourd’hui ». Rapidement, ils ouvrent une deuxième clinique à Crêches. Aujourd’hui, deux autres vétérinaires et cinq assistantes travaillent, avec eux, sur les deux sites.

À l’écoute et abordable

Dans le même temps, il s’implique dans la vie locale de Fleurie et en 1995, il entre au conseil municipal. « Le maire est venu me chercher, il y avait beaucoup de choses à faire. Ça me permettait aussi d’aller à la rencontre et à la découverte des gens. » Parmi ses premières missions, le développement et la promotion du camping de Fleurie, classé aujourd’hui quatre étoiles.

En 2001, quand le maire décide de ne pas se représenter, « on a fait un tour de table et tout le monde m’a regardé, ce n’est pas plus compliqué ! J’ai accepté parce que ça m’intéressait, mais aussi parce que l’ossature du conseil restait. On a tout de suite bien travaillé ensemble. » Depuis, Frédéric Miguet, qui a reçu la médaille de Chevalier dans l’ordre du Mérite agricole en 2014, n’a pas quitté le fauteuil de maire et a été réélu au premier tour en mars dernier. « J’ai même eu des gens qui avaient peur que j’arrête qui sont venus sonner chez moi ! » Ce plébiscite, il le met sur le compte de sa proximité avec la population : « Je pense être à l’écoute de chacun, je suis aussi bien inséré dans la vie du village et abordable ! »

Dynamisme local et tourisme

Les chantiers menés plaident également en sa faveur avec, depuis 2001, la réhabilitation des bâtiments communaux, la construction d’un centre de secours, d’une maison de retraite (Marpa), de l’office de tourisme… Pour ce quatrième mandat, les projets sont également nombreux. Avec une équipe rajeunie au tiers, ils ont l’ambition de réhabiliter la place du village et le parc de la mairie pour le mettre en adéquation avec le dynamisme local des associations et les animations organisées à Fleurie, de redynamiser aussi le marché hebdomadaire, en retard par rapport au marché nocturne, à celui des vins et de Noël.

L’élu est également vice-président de la communauté de communes en charge du tourisme : « Le Beaujolais, c’est un grand vignoble et un grand vignoble doit avoir une grand politique tourisme adossée à lui. On travaille beaucoup sur l’œnotourisme et il y a encore des dossiers importants à mener. » Ce volet touristique, Frédéric Miguet le connaît très bien puisque de 2004 à 2015, il a été conseiller général et vice-président du Conseil général du Rhône. Pendant onze ans, il était en charge du Tourisme et de l’Enseignement supérieur, avant de laisser sa place en 2015 pour des questions de parité.

Ancien talonneur en première ligne

Si le Caladois espérait alors avoir plus de temps pour lui, il lui faudra encore attendre. Ses copains du rugby profitent de ce mandat en moins pour venir le chercher… Le rugby, c’est son sport, le CSV, son club. « J’ai joué quinze ans à Villefranche, soit talonneur, soit troisième ligne. Je jouais même en Universitaire. » Il assiste à une réunion du comité directeur et en ressort… président du club. « Le rugby m’a beaucoup apporté et j’ai voulu lui rendre ! C’est quinze copains, une solidarité dans l’équipe, un état d’esprit, des valeurs et beaucoup de franchise. » Pas question donc de botter en touche…

Le CSV, qui compte 550 licenciés, évoluera en Fédérale 2 cette saison. Le club a fait un choix de raison après la crise sanitaire. « On s’est maintenus en Fédérale 1, mais comme la Fédération nous l’autorise cette saison, on a choisi de redescendre par rapport au contexte économique et aux partenaires. Et puis, l’âme de Villefranche, c’est la formation avec une école de rugby labellisée trois étoiles. Toutes les équipes jeunes sont également doublées. C’est là-dessus que l’on mise. À terme, on souhaite que l’équipe première soit composée de joueurs du cru. »

Maire, vétérinaire, président de club… Les semaines sont bien remplies, mais Fréderic Miguet arrive toujours à se dégager du temps libre. « Quand on délègue, il faut faire confiance à 100 %, c’est comme ça que je fonctionne. Pour le reste, il y a une phrase que je m’applique au quotidien, une phrase que le préfet du Rhône m’a glissée lors de ma première élection : La qualité première d’un maire ou d’un président de club, c’est de réussir à faire vivre les gens ensemble… ».