L’offre de soins du Département se développe

Trois ans après son lancement, le centre de santé départemental se développe encore… Le président du Conseil départemental, André Accary, a annoncé mi-juin la mise en place d’un volet 2 pour élargir l’activité et répondre aux attentes dans toute la diversité de l’offre de soins.

Avec la création d’un centre de santé départemental, le Département de Saône-et-Loire a voulu apporter une réponse souple et rapide aux besoins des bassins de vie frappés par la désertification médicale, et proposer une offre attractive pour attirer, avec des conditions d’exercice adaptées (salariat des médecins), de nouveaux médecins.

Ce concept unique en France a montré son efficacité. Le centre de santé départemental de Saône-et-Loire fait aujourd’hui partie des acteurs importants de l’offre de soins de premiers recours. Les objectifs fixés ont d’ailleurs largement été dépassés avec 55 médecins généralistes recrutés et 24 lieux de consultations qui maillent l’ensemble de la Saône-et-Loire.

Ce premier défi relevé, le travail n’est pas terminé comme l’explique André Accary : « Ce centre de santé est construit comme une maison à plusieurs étages. Au premier étage, il y a les médecins généralistes. Une offre que l’on va d’ailleurs développer en recrutant des généralistes sur les secteurs encore en manque. Mais les problématiques de la santé ne concernent pas uniquement la médecine générale. »

Un service de garde

Les attentes des habitants concernent en effet toute la diversité de l’offre de soins. « On a constaté une problématique en soirée. Nous allons créer un SOS centre de santé départemental 71. Sur certains secteurs, on a une permanence des soins ambulatoires assurée par les médecins libéraux et ceux des centres de santé, en dehors des horaires d’ouverture des cabinets médicaux, de 20 h à 1 h. Mais cela n’existe pas partout. Nous allons donc recréer ce service pour qu’il n’y ait plus de zone blanche pour ce type de service. »

L’autre annonce de ce deuxième volet concerne le recrutement de médecins spécialistes. Le constat est simple, le département est en sous densité dans de nombreuses spécialités : en cardiologie 8,5 médecins en Saône-et-Loire pour 100 000 habitants contre 10,4 en France, en dermatologie 3,4 contre 5,6, en gynécologie obstétrique 6,5 contre 7,2 et en ophtalmologie 7,2 contre 8,5. « C’est encore pire dans certains secteurs avec la disparition totale de certaines spécialités. Nous sommes le sixième plus grand département de France en superficie et ce n’est pas sans poser de problème de mobilité. » L’objectif là encore sera d’avoir une vraie complémentarité et surtout pas de venir concurrencer ceux qui travaillent déjà sur les territoires.

Après les généralistes, les spécialistes

La télémédecine fait également partie de ce programme. Un dossier qui est en avance de six mois. « Le déploiement de la télémédecine dans tous les centres de santé a dû être accéléré à cause du contexte de crise épidémique. Les cinq centres de santé sont équipés en télémédecine depuis début avril. » 966 téléconsultations ont été réalisées en trois mois. Et ce dispositif va encore se développer notamment pour les patients en établissements pour personnes âgées dépendantes. En parallèle, le centre de santé travaille à la mise en place de la télé-expertise qui permet à un médecin de solliciter l’avis d’un confrère face à une situation médicale donnée et d’assurer une prise en charge plus rapide des patients.


Des salles d’urgence


Enfin, une salle dédiée aux petites urgences sera progressivement aménagée au sein de chaque centre de santé territorial comme cela est déjà le cas à Mâcon. Des assistants médicaux vont venir épauler les médecins dans leur pratique quotidienne afin de leur dégager certaines tâches et leur libérer du temps médical. Le centre de santé départemental prévoit l’embauche d’un assistant médical par centre de santé territorial.

Le centre de santé en chiffres

55 médecins généralistes recrutés

5 centres territoriaux

19 antennes

120 000 consultations réalisées

15 000 déclarations de médecins traitants

35 000 patients reçus

15 assistantes

10 étudiants en médecine par semestre

3 650 visites à domicile

75 % des habitants sont à moins de 15 minutes d’un lieu de consultations du centre de santé