La Cave à musique, 30 ans et autant de souvenirs

Le 29 février 1992, les murs de la Cave à musique vibraient pour la première fois. Les premiers notes rock et reggae d’une longue série et d’un succès qui dure comme en témoignent les chiffres : 2 200 dates et 410 000 spectateurs. Cette année, le lieu de musiques actuelles fête ses 30 ans. L’occasion pour son directeur, Didier Goiffon, de revenir sur quelques dates marquantes, faits importants et anecdotes en tous genres…


1. Août 1991 ou les prémices de la Cave avec la création de Luciol, la structure qui gère la Cave. « Il y a eu à l’époque cette volonté d’avoir un lieu culturel dans la ville, avec d’abord des actions au centre Paul Bert, puis cette conjonction de personnes, d’élus et d’assos culturelles. »

2. 29 février 1992 Le premier concert avec Les Edmonds et Cupidon, deux groupes de Marseille et Lyon et 304 personnes au rendez-vous.

3. Henri Didonna. « Comment ne pas parler du directeur historique de La Cave de 1992 à 2001. C’est lui qui a porté le projet, qui m’a accompagné aussi. Il a beaucoup compté pour le lieu et dans mon parcours. »

4. Louise Attaque en résidence à La Cave en 1996 qui a fait trois dates complètes avec en première partie, un musicien seul avec sa guitare… M ! »

5. 1996 Le démarrage des deux locaux de répétition avec l’espace de musique amplifiée et tout le processus d’accompagnement des groupes.

6. 1998. Premier espace public numérique et la prise en compte des nouvelles technologies dans l’utilisation musicale. La structure s’est portée candidate pour essayer de démocratiser ce que l’on appelait à l’époque les NTIC (nouvelles technologies d’information et de communication).

7. La venue de Dick Rivers le 1er avril 1999. « Les gens croyaient à un poisson d’avril parce que ce n’était pas forcément ce qu’on proposait d’habitude. C’est aussi la seule fois où j’ai vu un prompteur sur scène à la Cave. »

8. Un clin d’œil sur plusieurs années à Christian Gauthier et Gérard Moine, des services techniques de la ville, qui ont suivi le développement, les travaux, l’extension de la salle de spectacle, les locaux de répétition, le studio d’enregistrement… Les chevilles ouvrières de ces projets grâce à leur engagement.

9. 14 décembre 2001. Un grand concert de soutien à la MJC Thoissey. « On avait de gros problèmes économiques à cause du retrait d’une subvention européenne. On a dû licencier six personnes. Tout le monde s’était mobilisé avec plein d’artistes venus gratuitement. On a réussi à passer ce cap avec l’aide des partenaires, en repartant sur un autre projet et en réduisant la voilure. »

10. Une action en juin 2003. « Avec la fédé, on a bloqué un pont à Chateaulin pour les intermittents et le maintien du régime spécifique d’assurance chômage, pour défendre ce schéma fondamental dans la diversité artistique du pays. »

11. La re reformation de JMPZ. Un des groupes historiques et phare de la structure en matière de développement et d’accompagnement comme Broussai, Semtazone, Gran Kino… Une création de l’association, Youz en 1998, qui s’est reformée pour nos 20 ans et se re reforme le 7 octobre pour les 30 ans.

12. La structuration des lieux de musiques actuelles et l’émergence des structures nationales comme la création de la Fedelima (Fédération des Lieux de Musiques Actuelles) qui compte aujourd’hui 150 lieux et de la SMA, un syndicat avec 600 adhérents. « C’est très important dans la professionnalisation et valorisation des scènes de musiques actuelles. »

13. Bénabar et associés… à la Cave avec 24 personnes dans la salle. « Mais il a fait un show de malade et il y a des moments comme ça où tu sais que cet artiste ne peut que réussir. »

14. Entre couacs et mauvais souvenirs. « Un concert où Miossec se prend un verre de bière en pleine figure à la première chanson, il reste stoïque et continue son show sans s’énerver. De Pablo Moses aussi, un reggaeman jamaïcain qui s’est battu avec des gens du public, ou d’un concert des Blues Brothers en extérieur où on s’est retrouvé retranché dans le parc des expos à la fin du concert. »

15. 13 novembre 2015. « Une date terrible, on était en plein concert et on apprend ce qui se passe au Bataclan. On ne sait pas tout de suite que c’est un attentat, on entend fusillade et on imagine que ça aurait pu arriver chez nous. »

16. Les 25 ans de la Cave avec le premier Luciol in the sky. « On avait cette envie de faire des choses à l’extérieur, de décentraliser hors les murs. Les 25 ans au domaine Champgrenon ont été le point de départ de ce projet. Un moment important qui ouvre sur des relations avec d’autres partenaires publiques pour une réflexion territoriale sur les musiques actuelles. »

17. La récupération de la deuxième cave en 2018 avec cette volonté de faire évoluer le lieu.

18. 13 mars 2020. « Les futs sont chargés à bloc, on attend 400 personnes pour Les Ramoneurs de menhir et dans l’après-midi le confinement… On a dû reporter la date cinq fois. »

19. La création de la microbrasserie en 2020 pendant le confinement. « On avait déjà ce projet de circuit court et de bière artisanale qui a été accéléré pendant cette période. »

20. L’importance de « notre ministère de la Culture actuelle, comme on l’appelle, Hervé Reynaud qui est dans le dialogue, l’échange la construction et c’est grâce à cela que l’on continue d’avancer. »

21. La bienveillance du 119 de la rue Boullay. « Ces 30 ans ont permis à d’autres structures logées ici d’émerger (Le Gag, Youz, Ils Scènent, le Crescent…) et de se développer. Il y a cette volonté d’accompagner des initiatives sans que Luciol fasse de l’ombre. »

22. L’émergence de lieux à Mâcon. « Le Zikenba, le Matilda, le Saint-Antoine… il il est important de continuer à travailler avec eux et ensemble, comme avec le Théâtre, le Crescent, la MJC Héritan. Et cela tombe bien parce que dans « avec » il y a Cave ! »

23. Merci au professeur Bruno Simon. « Depuis 1996, ce professeur de musique au conservatoire est intervenu à la Cave et à aider de nombreux groupes. Grâce à cette mise à disposition de la Ville puis de MBA, Bruno, qui vient d’être muté, a été une véritable cheville ouvrière de notre projet. »

24. Une découverte artistique. « Agnes Obel ! Ce n’est pas mon parcours artistique, mais il y avait un côté magnifique sur scène avec cette voix. Ça m’a touché et c’est tant mieux parce que ça veut dire que les gens qui viennent ici quel que soit leur style de musique peuvent découvrir des choses et prendre une claque artistique. »

25. Les Rita, les Négresses vertes… « Avant d’être directeur et en tant que chargé de programmation, j’ai pu faire venir ces groupes, des références de rock alternatif. Ce qui a pu manquer peut-être, c’est Manu Chao ou la Mano Negra. »

26. Une aventure humaine. « Il y a eu beaucoup de changements, des nouveaux salariés, des évolutions, mais on est resté Luciol. Avec 100 adhérents tous les ans, il y a tellement de gens impliqués dans ce projet, c’est une vraie asso, pas seulement un outil de gestion, avec des citoyens désireux de faire avancer la culture à Mâcon. »

27. Une famille. « Il y a aussi cette relation avec des gens de milieux sociaux et d’âges différents. Ma direction a été facilitée par cet engagement et cette relation avec les gens. On a su conserver cette implication de chacun. »

28. Une évolution des propositions. Avec des spectacles jeune public et du café-théâtre. « Même si notre cœur de métier reste les musiques amplifiées, on a diversifié nos publics et transmis ce goût du spectacle vivant. »

29. Le futur projet et la convention 2023-26. « On va reprendre ce qu’est la cave avec sa diffusion, son accompagnement, l’aide à la création, son indépendance… mais ce projet, c’est aussi la deuxième cave. Il s’agit là de penser à une évolution du lieu dans sa globalité en partant du principe que la deuxième cave sera un autre lieu de diffusion qui répondra à d’autres conditions d’accueil et d’écoute. On a souhaité s’adapter aux techniciens et aux artistes, mais aussi au public sans dénaturer la programmation du lieu. »

30. Un mois de festivités. Du 7 au 30 octobre, dans et hors ses murs, les rendez-vous vont se succéder pour ce 30e anniversaire. Entre soirée rock, spectacle de rue, musique punk et électro, hip-hop ou humour, la salle dévoile toute sa diversité. Le programme complet sur www.cavazik.org