La nouvelle vi(ll)e de Marie Fauvet


« Tu sais, on commence présidente d’association et plus tard on se retrouve élue. » Ces paroles sont celles de Thierry Igonnet, le maire de Matour. Elles ont une quinzaine d’années et même si Marie Fauvet lui avait à l’époque répondu que ce n’était pas obligé, force est de constater qu’il avait vu juste. À 54 ans, Marie Fauvet est devenue cet été maire de Cluny…

Bressane d’origine, Marie Fauvet a grandi de l’autre côté de la Saône. Enfant d’agriculteurs, elle quitte l’Ain pour suivre des études d’ingénieurs en agriculture dans une école à Lyon, elle y restera plus de quinze ans. Jusqu’à ce que les hasards de la vie l’emmènent dans le Clunisois au début des années 2000. Un choix de vie, « celui de quitter le cadre lyonnais speedé » et de s’installer à la campagne.

Mariée et mère de trois enfants, elle s’installe à Tramayes en 2004, presque par hasard là encore. « On cherchait une maison dans le Jura, mais on n’a pas trouvé ce qu’on voulait. C’est finalement au retour d’une virée dans l’Ouest qu’on s’est arrêtés à Cluny pour le goûter. On a regardé les agences immobilières… » Et quelques mois plus tard, ils emménagent dans une vieille maison en pierre qu’ils retapent pour faire un gîte rural. La famille prend rapidement ses marques et Marie Fauvet se fait happer par la vie associative locale. « Les enfants font tous les trois de la musique à Matour. Et en six mois à peine, je me retrouve présidente de l’école de musique… » C’est le début d’un investissement local sans faille.

Le sens du collectif et de l’écoute

Côté professionnel, elle commence à travailler en tant que chargée de mission pour les projets de la MSA sur l’économie sociale et solidaire, coordonne notamment la création du Pain sur la table au Pont de l’Étang, une boulangerie restaurant bio, conduit des projets pour la valorisation des produits locaux, se penche sur le problème de la production agricole bio… Dès 2011, elle pilote aussi « Cantines en mouvement » qui met du bio dans les assiettes des enfants du Clunisois. « Dans le prolongement de ces actions, il y avait un chaînon manquant : la transformation des produits, on a donc lancé le laboratoire agroalimentaire partagé dans le Clunisois qui se finalise sur Salornay. »

En 2014, un nouveau choix de vie l‘emmène à Cluny. « Les enfants étaient internes au lycée de Cluny, la maison était devenue grande pour mon mari et moi. J’ai tout de suite été séduite par Cluny et les Clunisois, leur état d’esprit, leur ouverture… » À peine arrivée, elle met « le doigt à l’engrenage » en figurant sur la liste de Jean-Luc Delpeuch en 2014. En fin de liste certes, mais quand l’échéance de 2020 se profile, rapidement son nom revient dans les tuyaux pour mener la liste Cluny Cité vive. « J’ai pris le temps de la réflexion, personnelle et en famille. Et je suis contente d’avoir tentée cette expérience. À 55 ans, c’est une chose que je n’avais jamais faite et comme j’ai toujours envie d’innover et d’aller au bout des choses… »

Si elle n’est pas ce qu’on appelle une politicienne, Marie Fauvet connaît suffisamment les rouages des collectivités pour avoir travaillé à leurs côtés sur de nombreux projets. Elle compte aussi sur son regard nouveau pour faire de la politique autrement. « Je suis issue d’une famille nombreuse, je me sens bien dans le collectif, j’aime trouver le compromis, synthétiser pour trouver une solution. C’est quelque chose que j’ai toujours fait dans mon travail et je ne vois pas pourquoi je changerais. De la même façon, je n’ai pas d’a priori. J’écoute l’avis des gens pour me faire mon point de vue. »

« Je ne suis pas une khmer vert »

Parmi les premiers axes de travail de la nouvelle élue : sauver l’été culturel et lancer le marché bio. Ensuite, il s’agira de « remettre le cheval au centre de Cluny, aller vers plus de végétalisation pour rendre la ville plus accueillante… Mais le gros du travail est sur le Clunisois plus largement avec la transition écologique, la mobilité, on doit faire plus de place aux vélos et aux piétons. »

L’environnement, l’écologie, le bio… Elle y est sensible depuis toute petite. « J’ai grandi dans la nature et je sais que c’est précieux. Je n’ai pas attendu non plus la crise sanitaire pour parler de circuits courts ! Mais attention, qu’on ne dise pas que je suis une « khmer vert ». Le bio qui fait le tour de la terre non merci, je préfère des produits de terroir, les AOC d’ici, même si elles ne sont pas bio. Il faut être cohérent sur son territoire. »