Laure Belleville, une vie en rose au CBBS


Licenciée depuis plus de vingt-cinq ans au Charnay Basket Bourgogne du Sud, Laure Belleville a tout connu avec les Pinkies. Des catégories jeunes à l’accession en Ligue Féminine, la joueuse a grandi avec le club. Aujourd’hui, entraîneur des jeunes, elle veut transmettre toutes ses valeurs et son expérience par amour du maillot et du basket.


Le 25 mai 2019, Laure Belleville tournait la page du haut niveau et du basket professionnel au terme d’une soirée riche en émotions. Quinze années en équipe première ponctuées de la plus belle des manières avec une dernière victoire en finale des playoffs de Ligue 2 féminine, synonyme de montée dans l’élite pour le CBBS. Une belle histoire commencée presque par hasard…


Enfant, c’est plutôt avec un autre ballon que Laure veut s’exprimer. « Je voulais faire du foot comme mon père, je passais d’ailleurs tout mon temps sur les terrains de foot. » Mais à l’époque, le football féminin ne bénéficie pas de la même notoriété qu’aujourd’hui et elle reçoit un véto familial. Même chose pour la gym, « mon père ne voulait pas que je fasse un sport individuel ! » Une bonne chose sans doute puisque Laure découvre le basket et ne quittera plus jamais les parquets.


« C’était lors d’un stage d’une semaine pendant les vacances scolaires, le coach a vu que je me débrouillais bien et m’a demandée si ça ne me tentait pas de m’inscrire dans un club. Comme ça me plaisait, j’y suis allée…» Direction donc le CBBS et le début de l’aventure. À Charnay, sa progression est rapide. Au fil des saisons, à force de travail, elle réussit à s’imposer et passe même directement chez les seniors à 15 ans. « J’avais à l’entrainement des adultes en face de moi, avec tout ce que ça comporte : l’intelligence de jeu, l’expérience, le vice… On apprend vite et ça fait grandir. J’ai en plus eu la chance d’intégrer une bande de copines qui m’a super bien accueillie, j’ai appris de tous les joueuses. »


Un Tours et puis revient

Elle part ensuite en sport études à Chalon. « C’est là que je me suis rendue compte que je pouvais jouer souvent au basket, pas forcément au haut niveau puisqu’à l’époque le basket féminin n’était pas forcément développé, mais tous les jours. » Et cela tombe bien, le BLVU Tours vient la chercher pour jouer en National 1. Ce sera la seule « infidélité » à son club de cœur. « Après, je n’ai jamais cherché à partir, pour moi tout se passait bien à Charnay, mais j’ai eu de belles propositions quand même. Je me suis bien sûr posé la question, mais j’ai ma famille ici, mes enfants. Et ça pèse plus que tout dans la balance. »


Une année seulement après avoir quitté la région, Laure revient à Charnay à la demande des dirigeants. Elle sera dès lors témoin et actrice majeure de l’évolution du club. « On a grandi par palier, on a d’abord passé un cap en grimpant de la NF1 à la Ligue 2, on s’est ensuite professionnalisés petit à petit avant de passer un autre cap, celui de rester en haut du tableau de Ligue 2. Par contre, le cap de Ligue féminine, je ne l’avais imaginé, même si je savais que c’était un objectif du CBBS, je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite. » Cette montée reste aujourd’hui un de ses meilleurs souvenirs, forcément. « Le plus frais, et le plus important, mais il y a eu tellement d’autres beaux moments. »

Tous ces beaux moments partagés avec ses coéquipières notamment. « J’ai connu énormément de joueuses qui ne voulaient plus repartir d’ici ! Quand on vient à Charnay, on vient comme dans un petit village, on rentre dans le moule familial. Le CBBS, c’est une grande famille. Ici après les matchs c’est comme si vous aviez vingt-cinq papas qui parlent aux joueuses comme à leur fille ! Il y avait aussi cette cohésion d’équipe, qui nous a permis de réussir. Bref, il n’y a pas beaucoup de joueuses qui repartent avec un mauvais souvenir du club. »



La formation au cœur

Quand elle ne joue pas, Laure entraîne les jeunes. Avec la même passion. « J’ai passé un an à Tours à faire que des entrainements, à côté je m’ennuyais beaucoup il fallait que je m’occupe, je suis un peu hyperactive. Quand je suis revenue à Charnay, j’ai proposé d’entrainer les jeunes. À la base, je voulais être prof d’EPS, je suis même allée jusqu’à la porte du Capes, mais ça ne me plaisait pas. Quand j’ai découvert l’entrainement des jeunes, j’ai aimé le fait de me spécialiser dans mon sport et d’avoir en face de moi des enfants qui ont envie, qui s’inscrivent pour jouer et qui ne viennent pas par obligation. »


Au fil des saisons, elle entraine de plus en plus d’équipes pour s’occuper aujourd’hui de la formation de tous les jeunes du club de U7 à U18 Région. « J’ai à cœur de former, de partager mon expérience, de redonner tout ce que j’ai vécu, tout ce que je garde de positif. Le projet du club est les emmener au plus haut niveau et ça commence tout petit. Sur les petites catégories, le basket reste bien sûr un jeu, un plaisir, mais il faut aussi leur inculquer une façon de s’entrainer, la compétition, l’abnégation et l’envie de gagner. »

Et forcément le message passe plus facilement quand il vient d’une joueuse du cru qui a, elle aussi appliqué, toutes ces valeurs du sport, dès son plus jeune âge. « Mon père nous a toujours inculqué le sport, à mon frère et à moi, avec cette culture du perfectionnisme, toujours se battre et toujours gagner. Et si tu perds, retourne t’entrainer, ça ira mieux demain. Quand je vois jouer les U15, que j’entraîne depuis 3-4 ans, j’ai l’impression de me voir sur le terrain donc le message a dû passer… »



Une touche de bleu

Aujourd’hui, la joueuse emblématique porte toujours les couleurs du CBBS… en loisirs, en pré régionale avec d’anciennes joueuses, « une équipe de copines, mais ça tourne très bien et l’objectif est de monter en N3. » L’aventure en bleu continue également. Laure a intégré l’équipe de France militaire il y a cinq ans. Par hasard là encore. « Johanna Cortinovis, qui était déjà dans l’équipe, a appris que j’avais été réserviste et m’a demandé si ça me disait de le redevenir pour jouer en équipe de France. On a participé à la construction de ce groupe et au début d’une super aventure qui ne fait qu’évoluer. »

La joueuse participe à deux-trois rassemblements d’une semaine. Avec Johanna, devenue aujourd’hui entraîneur de cette équipe, elles ont amené le côté « professionnel » du basket. « Une expérience enrichissante avec des échanges dans les deux sens, autant pour nous qui apprenons beaucoup sur la culture de l’armée, le fonctionnement de notre pays, que pour nos coéquipières, des gendarmes, des militaires actives, en terme de basket. » Au delà de cette bulle d’air dans le quotidien, les résultats sont là aussi : une 4e place aux championnats du Monde militaires en 2015, 4e à San Diego en 2016, championne d'Europe en 2017 et 4e des Jeux mondiaux militaires, à Wuhan, en Chine l’an dernier. En attendant le prochain rendez-vous en juillet 2021.