Livres à ne pas manquer cet été

Sophie, Nathalie et Valentin de la librairie Les Cahiers Lamartine à Cluny vous donnent leurs coups de cœur du moment


« Le Cheval rouge », Eugénio Corti aux éditions Noir sur blanc

Attention, chef-d’œuvre littéraire ! C'est LE livre qui couvre l’histoire de l’Europe et de l’Italie, à travers une saga (très ressemblante à « L’Amie prodigieuse » de Ferrante) de plusieurs familles).

L’histoire de la publication est exceptionnelle (refusé au départ, puis traduit mais trouve difficilement sa place en 83, il suscite peu d'intérêt). Traduit plusieurs fois, il devient un véritable phénomène en Italie. Aujourd'hui, sa dernière traduction reste la meilleure. On comprend l'auteur qui a mis plus de dix ans pour écrire ce livre par son parcours de vie exceptionnelle.

Il retrace véritablement tous les évènements historiques, des années 40 à fin 80. On passe par l’entrée du néo-nazisme en Italie, les goulags en Russie, en passant par la Tunisie, la Grèce, etc. En bref, c’est un roman passionnant, criblé de faits historiques réels, des personnages inoubliables qui traversent le temps et nous emportent. Certains l’apparentent à « Guerre et paix », c’est dire… Il y a tout, de la passion, la guerre, idéologie... Impossible de le lâcher.


« Canoës », Maylis de Kerangal, collection Verticales chez Gallimard

Une nouvelle se prête bien à notre rythme de vacanciers : peu de pages, un récit dense, une chute [in]attendue.

En théorie, lire un recueil de nouvelles permet de « picorer » c’est-à-dire de lire quelques pages / vaquer à ses occupations / en lire une autre... et ainsi de suite, au rythme de ses loisirs. À chaque nouvelle, un autre décor, de nouveaux personnages et une intrigue différente. Mais, en pratique, réussirez-vous à lâcher ce nouveau livre de l’auteure de « Réparer les vivants » avant de l’avoir entièrement lu ?

En effet, le style de Maylis de Kerangal vous accroche de la première à la dernière page. Son fil directeur, décliné en huit récits, nous parle à tous puisqu'il s’agit de la voix. La voix qu’une amie a modifiée pour passer à la radio, la voix de l’homme qu'on aime un peu moins, la voix d'un disparu qu'on écoute en boucle sur un répondeur ...

L’auteure nous emmène une nouvelle fois sur les terres de l’intime, de main de maître.

« Ör » de Audur Ava Olafsdottir aux Éditions Zulma


Jonas, bricoleur dépressif, veut mettre fin à ses jours. Pour ce faire, quoi de mieux qu’un peu de tourisme dans un pays en guerre ? Pas très gai nous direz-vous… Et bien si ! C’est absurde, pourvoyeur de sens et drôle ! De ce genre d’humour un petit peu gênant et éminemment cathartique. Audur Ava Olafsdottir nous offre un livre-cataplasme qui passe de la pommade sur les cicatrices qu’on trimballe… Une met de choix. Vous en reprendrez bien une page ?




Les Cahiers Lamartine (librairie, papeterie, carterie, cadeau) 18, rue Lamartine à Cluny. Tél. 03 85 59 09 09