Mâcon, la nature en ville


Avec l’arrivée des beaux jours et du printemps, Mâcon s’est parée de ses plus belles fleurs. Ville labellisée Fleur d’or (plus haute distinction nationale décernée à une dizaine de villes en France seulement) en 2010 et 2016, la cité lamartinienne et ses agents ont assurément la main verte. Pour le plus grand plaisir des yeux, mais aussi de la faune et la flore locale. Aux quatre coins de la ville, dans le centre, au bord des routes, dans les massifs, sur les ronds-points ou dans les espaces verts, 6 000 m² de surfaces sont végétalisées et fleuries offrant en toute saison, une robe de couleurs respectueuse et adaptée à son environnement… Rencontre avec Sylvie Sagne, directrice du Pôle Cadre de vie.


« Mâcon est une très jolie ville pleine de charme avec de grands espaces, le Vallon des Rigolettes et cette coulée verte, des endroits très intimistes, des squares en différents points où les gens aiment se poser et se détendre, un beau patrimoine à d’enrichir de végétal… » Sylvie Sagne est arrivée à Mâcon il y a quelques mois à peine, en novembre 2021, et déjà, elle a bien cerné les atouts locaux et se faire une idée de ce que la ville attendait d’elle et de ses services. Avec un objectif : conserver cette 4e fleur détenue depuis des années et de continuer à l’enrichir de trophées et de labels.

La nouvelle directrice arrive avec une riche expérience dans le domaine (Lyon, Trappes, Les Mureaux, Paris…), un regard nouveau et beaucoup d’idées. Si elle n’a pas encore eu le temps d’arpenter toute la cité, elle a déjà plusieurs idées pour faire évoluer l’espace, donner encore plus de couleurs à la ville avec de nouveaux lieux à travailler, préserver son cadre agréable et renforcer cette image de nature en ville que les services municipaux ont jusque-là bien entretenue.

« L’idée est toujours de travailler avec l’échelle des lieux et la saisonnalité pour offrir aux Mâconnais des scènes florales et paysagères tout au long de l’année. Pour cela, il faut tenir compte du paysage, mais également de l’animation que l’on peut lui apporter en travaillant avec les fleurs, mais aussi les couleurs des feuilles, les tonalités différentes, le bois des arbustes et des arbres, la gamme de saisonnalité des fleurissements… En ce moment, par exemple, on a une explosion de rose avec les cerisiers à fleurs, on en prend plein les yeux en avril-mars, mais après que se passe-t-il ? Nous devons travailler sur toute la palette de couleurs pour que ces floraisons s’enchainent avec d’autres. En travaillant sur les tonalités et les saisons, il y a de multiples possibilités pour surprendre et faire découvrir la nature en ville différemment. »

De la même façon, Sylvie Chagne veut renforcer les « échelles » : « On a parfois de toutes petites bandes de fleurissement sur des grands ronds-points, elles sont très jolies et bien faites, mais il faut que l’on arrive à les doubler, à leur donner plus de volume et d’ampleur, surtout quand on a cette Saône magistrale en arrière-plan. » Le grand axe central de la RD 906 va également être retravaillé pour être fleuri (lire par ailleurs). Et le fleurissement devrait être renforcé quai des Marans, première porte (et premier regard sur le centre-ville) des touristes de croisière.

Et tout cela avec une gestion différenciée, nouvelle façon de penser les espaces verts pour respecter l’environnement en milieu urbain. Cette gestion consiste à adapter le mode d’entretien suivant les espaces pour augmenter la biodiversité, rétablir un équilibre écologique et laisser en place un habitat pour la micro-flore. « Il ne s’agit pas de non-gestion, mais d’une gestion en fonction des sites, des paysages et des usages. On ne peut laisser une herbe haute là où les gens pratiquent une activité, où les enfants jouent… Si une ville ne peut pas être pratique pour ses habitants, cela ne sert à rien. En revanche, quand on laisse pousser, il ne s’agit pas non plus d’une friche. C’est réfléchi. »

Il faut en effet savoir qu’avec une tonte régulière, seules six variétés de plantes et graminées peuvent s’exprimer. En tondant moins, les semences de fleurs s’expriment… Et l’on arrive ainsi à 20-25 espèces avec une nature qui s’enrichit au fil des ans. « Il faut aussi travailler sur des tontes différenciées et laisser la micro-faune circuler et vivre son cycle. Les choses évoluent dans notre domaine et on revient de plus en plus à une expression spontanée de la nature. Nous sommes juste là pour l’orienter et la guider, sans l’enfermer ! » Chaque gestionnaire d’espaces verts a en effet cette préoccupation environnementale forte. « Et s’attelle à faire à la fois du beau et du sain ! »

Dans le centre-ville, le travail sera de ramener le végétal et l’arbre, pour son rôle de climatiseur thermique, mais aussi pour le bien-être des habitants. « Partout où l’on peut diversifier la végétalisation, il faut le faire ! Il faut donner de la poésie dans le minéral et amener des espaces ombragés ! »

Pour tout cela, Sylvie Chagne peut compter sur une vraie solidarité de ses services et des services techniques qui travaillent main dans la main pour donner des couleurs à Mâcon. Et rendre cette ville verte, propre et agréable au quotidien. Même s’il faut parfois attendre deux à trois ans avant de voir leurs efforts récompensés, et les massifs évoluer harmonieusement, à leur rythme… C’est aussi ça le charme de la nature.