Mâcon Vélo en ville roule toute l’année

La 20e semaine européenne de la mobilité se déroulera du 16 au 22 septembre. Le 22 septembre, c’est aussi la journée sans voiture. À Mâcon, certains n’ont pas attendu cette date pour laisser au garage leur véhicule et enfourcher autant que possible leur bicyclette ! Depuis 2006, l’association Mâcon Vélo en ville défend l’usage du vélo urbain avec diverses actions. Rencontre avec Émilie Geoffray, sa présidente, et Olivier Penet, bénévole impliqué et responsable de l’atelier réparation.


Pouvez-vous nous présenter votre association ?

L’idée de Mâcon Vélo en ville, c’est que le vélo soit reconnu comme un mode de déplacement à part entière, et pas seulement un loisir. Qu’il soit mieux considéré aussi dans l’espace public. L’association veut aider les gens à se déplacer en toute sécurité. Cela passe par des échanges avec la mairie sur les aménagements urbains et par diverses actions. La première a été de créer la vélo-école, pour apprendre ou réapprendre aux adultes à faire du vélo en ville. On a aussi cet objectif de sensibiliser le grand public et les automobilistes : oui le vélo a le droit d’être sur la route. On a également lancé la Vélorution, une démarche fédératrice et festive pour rassembler les gens autour du vélo.



Apprendre à rouler en ville ça veut dire quoi ?

Ce n’est pas évident de rouler en ville, surtout au début, quand en plus on a la pression de l’automobiliste qui fait ronfler le moteur derrière nous. On a souvent le réflexe de se pousser, mais il faut oser prendre sa place sur la route. Il ne faut pas non plus rouler complètement à droite, au bord du trottoir. Avant, il y avait une disposition du code de la route en ce sens, aujourd’hui elle n’existe plus et il faut se mettre à distance suffisante pour sa sécurité par rapport au bord droit. Si on roule au milieu, on ne permet pas le dépassement dangereux en ville, dans les rues étroites. Quant au trottoir c’est pour les piétons, il est le plus vulnérable et doit être la priorité.


Quels sont les autres axes abordés ?

On donne également quelques conseils pour emprunter les ronds-points, on conseille d’avoir toujours tous les sens en éveil et de porter des gilets fluos pour être plus visibles par tout temps. Les monitrices font également des exercices pour apprendre notamment à lever le bras. Sans oublier le bon entretien du vélo, des freins, des lumières… Tant qu’on n’est pas monté sur un vélo en ville, on ne se rend pas compte des dangers que cela comporte.

Les adeptes du vélo sont-ils plus nombreux aujourd’hui ?

On voit plus de vélos, après est ce que ça entraine une baisse de la circulation de voitures ? On ne peut pas quantifier. Depuis 2006, notre nombre d’adhérents a explosé, on est passé de 120 à un peu plus de 300. On a surtout vu une différence l’année dernière. Beaucoup de gens ont bénéficié du coup de pouce vélos et les ont ressortis du garage pour les réparer et en refaire. À la base surtout pour un usage loisir, mais finalement certains s’y sont mis tous les jours. On a aussi eu pas mal de néo cyclotouristes cet été dans notre atelier vélo.


Justement cet atelier de réparation participatif est très prisé. De quoi s’agit-il ?

De coréparation. C’est le samedi sur rendez-vous, sur notre site internet. Les gens viennent et font entièrement la réparation. On leur montre, on leur explique comment faire, on fait avec eux en essayant d’être le plus pédagogique possible. Le but c’est que les gens s’impliquent en prenant soin de leur vélo. Ça leur fait prendre conscience aussi de ce qui est réparable et ça les sensibilise. De notre côté, on récupère pas mal de vieux vélos que l’on répare et que l’on prête. Aujourd’hui, c’est vraiment rare de jeter un vélo, tous peuvent rerouler un jour et rendre service à quelqu’un. Les meilleurs vélos réparés sont d’ailleurs proposés en location longue durée.


Pour certains la voiture est indispensable pour faire ses courses ou emmener ses enfants à l’école, mais vous avez d’autres solutions…

En effet, on a des vélos cargos (triporteur et biporteur) avec une caisse adaptée pour transporter les enfants. Notre cible, ce sont les familles avec deux enfants en bas âge parce que c’est un frein à la pratique du vélo si on n’est pas équipé. Un autre de ces vélos cargos sert à transporter les courses et des lourdes charges. Avec de tels équipements, on peut se passer de la voiture. L’idée c’est de les louer à la semaine comme ça les gens les essaient avant d’investir.

C’est une solution encore méconnue. Souvent on nous dit je ne peux pas faire de vélo parce que je dois faire des courses ou déposer mes enfants à la crèche, mais avec ces vélos cargos tout cela est possible. Plus besoin de deuxième voiture quand vous habitez Mâcon. En plus, les gamins sont trop contents d’être dedans. C’est un peu comme un manège ! ils sont super bien protégés et c’est plus sécurisant pour les parents de les avoir sous les yeux contrairement à la remorque.


Qu’est-ce qui manque dans une ville comme Mâcon pour que les gens lâchent leur voiture ?

Des aménagements existent aujourd’hui, mais il y a un vrai manque de continuité entre les itinéraires. La priorité serait d’avoir un réseau continu et structurant, si on veut mettre les gens au vélo, il faut les sécuriser. À certains endroits, des aménagements ne sont pas nécessaires ou ne sont pas faisables, ce qu’il faudrait c’est limiter la vitesse et la place de la voiture en ville. Cela augmenterait sans aucun doute le nombre de vélos rapidement et apaiserait la ville. Même quand on est piéton, c’est toujours plus agréable de se balader dans une rue sans voiture !