Quand le jazz est là, au lycée Dumaine


De la salle de restaurant à la salle de concert, il n’y a parfois qu’un pas… ou un cours de littérature ! Depuis l’automne dernier, les élèves de 1re Hôtellerie Restauration du lycée Dumaine participent en effet au projet national, Les Fabriques à musique, et mettent leurs mots sur quelques notes de jazz avec les musiciens du Crescent.


Depuis 2014, 900 Fabriques à musiques ont été organisés et 25 000 élèves de tous niveaux scolaires (primaire, collège et lycée), ont fait leurs premiers pas sur scène grâce à ces programmes éducatifs orchestrés en partenariat par l’Education Nationale et la Sacem, via le réseau Canopé. L’objectif : encourager et favoriser l’accès à la pratique artistique et culturelle. Des auteurs-compositeurs locaux reprennent le chemin de l’école pour partager leur expérience et participer avec les élèves à un travail d’écriture et de composition pour créer ensemble une œuvre musique. Autant sur de la musique contemporaine, de électro, de musique pour l’image, de la chanson ou du jazz.


« Les Fabriques à musique permettent de donner à des jeunes une culture musicale que la plupart n’ont pas ou jamais eue, explique Olivier Vitu, délégué régional de la Sacem. Il y a une approche pédagogique qui permet de les associer à un projet pendant l’année scolaire. On leur donne la possibilité de faire quelque chose qui a du sens. Ils découvrent en plus l’univers musical et tout ce qu’il y a derrière un chanteur et un album. Certaines vocations naissent même de ces expériences. On a la prétention de penser que Les Fabriques à musique permettent à certains jeunes d’accéder à la culture, de fréquenter un lieu culturel dans lequel ils ne seraient peut-être jamais entrés, mais aussi de passer un cap, de forger leur caractère, de leur faire prendre la parole en public. »


Cette année, trois classes de Saône-et-Loire se sont inscrits à ce programme une classe de CE2 de Chalon, et les lycées Cassin et Dumaine à Mâcon. C’est la troisième année que le lycée des métiers participe. Et la troisième année que ses élèves se retrouvent au Crescent, place Saint-Pierre à Mâcon. La salle de jazz et son directeur Antoine Bartau répondent chaque année à l’appel à projet et accueille avec plaisir les jeunes apprentis chanteurs-compositeurs. Après les classes de 3e et de CAP, ce sont cette fois une vingtaine d’élèves de 1re Hôtellerie restauration aux côtés de Stéphane Benhaddou, nom de scène L'Officier Zen.


Le rappeur professionnel est intervenu plusieurs fois au lycée. Il les a aidés à poser des mots sur leur vision de leur quotidien et l’importance de profiter de la vie. Et à composer et des chansons sur lesquelles les musiciens professionnels du Crescent ont mis des notes. « Dans le cadre des cours de français, on étudie l’écriture avec des poésies, on a cette fois changé de code et de braquet avec l’écriture de paroles de chansons, souligne Julie Ulrich, professeur de lettres et d’histoire référente de ce projet. J’ai senti les élèves motivés, cela a créé une véritable osmose entre eux, une meilleure entente. Ils se sont découverts et ont pris goût à l’écriture. Ce projet les a ouverts à la culture artistique. »


Après deux après-midis sur la scène de la cave du Crescent, tous se retrouveront pour une dernière répétition générale avant de présenter leur travail sur scène en mai. Ce concert final permettra une captation et donnera lieu à une véritable création publique qui pourrait être sélectionné par un jury national pour une diffusion importante.