Saône digitale, un projet ambitieux et exemplaire !



C’est un projet impressionnant porté par MBA (Mâconnais-Beaujolais Agglomération) et la Ville de Mâcon depuis 2015, soutenu par l’Union européenne et la région Bourgogne Franche Comté qui vise à transformer la Darse nord pour en faire un lieu unique de développement économique au grand potentiel, du fait de son emplacement en bord de Saône. Ce ne sont pas moins de 27 ha au total qui vont être progressivement métamorphosés d’ici 2035. Les espaces publics concernent la Ville de Mâcon tandis que MBA porte le projet du parc d’entreprises.


Cela commence par la démolition de deux vastes bâtiments industriels occupés jusqu’en 2010 par la société Essex, chantier de grande envergure qui a débuté en août pour une dizaine de mois. Eiffage démolition/DDM a été chargé de réaliser les travaux de désamiantage, de curage des bâtiments, de dépollution et de déconstruction sélective. La valorisation des déchets en général et le traitement des déchets amiantés en particulier font l’objet de toutes les attentions, ainsi que le nettoyage du terrain et l’évacuation des matériaux de démolition qui ne seront pas réutilisés. Cette première phase de travaux permettra également la désimperméabilisation des sols sur plus de 22 000 m2 en bord de Saône.


Cette phase de désamiantage est délicate car DDM devra traiter plus de 650 tonnes de fibrociment présent partout et cela demande des équipements spécifiques pour les salariés formés à ces tâches. Il s’agit aussi d’éviter toute contamination de l’environnement en confinant les zones concernées et en les équipant d’un système de brumisation et d’extraction. Les déchets amiantés sont évacués pour être transportés dans un centre d’élimination agréé.


C’est donc une fois le site entièrement nettoyé que les premiers aménagements pourront débuter. « C’est à la fois un départ et un aboutissement » explique Christine Robin, vice-présidente de MBA chargée du développement économique et numérique et de l’attractivité du territoire. « Tout commence par la Cité de l’entreprise qui a démarré en 2013. Il s’agissait de créer un espace accueillant les entreprises innovantes, avec une pépinière et un hôtel d’entreprises, un restaurant et un centre d’affaires. L’objectif est de permettre à des start-up de pouvoir tester le marché avant de s’installer de façon pérenne sur notre territoire. »

Saône digitale est donc le prolongement de cette volonté de proposer un cadre idéal à l’installation des entreprises engagées dans les nouvelles technologies, et aux personnes qui seront présentes sur ce site : « Nous avons été très attentifs à créer tout un écosystème autour de l’entreprise pour attirer et garder les meilleurs talents. C’est la raison pour laquelle cet espace a été conçu pour y travailler agréablement, car c’est ce qui est fortement demandé aujourd’hui. »

C’est en effet devenu un enjeu majeur. Les salariés ont besoin de se sentir bien dans leur environnement immédiat que l’on se préoccupe du bien-être global de chacun sur le long terme. C’est en effet bien plus agréable d’avoir une vue sur des espaces naturels et sur la Saône avec un accès immédiat possible. Il faut donc prévoir comme le fait Saône digitale, un milieu moins stressant avec des solutions concrètes qui permettront de trouver sur place tout ce qui contribue à un bon équilibre entre vie professionnelle et mieux-être physique et mental.


Parcs, aménagements de loisirs et parcours sportifs, pistes cyclables, lieux de détente, ouverts à tous, seront les ingrédients de cet écrin unique à l’empreinte écologique réduite.

« Nous avons créé le mot « fluvestre » pour qualifier cette future cité, parce que d’un côté il y aura les activités terrestres, et de l’autre celles qui seront possibles grâce à la Saône, fleuve qui est à la fois un atout et qui présente beaucoup d’opportunités tout en se révélant parfois capricieux. »


C’est la raison pour laquelle, afin de remédier aux risques d’inondation, ce projet d’aménagement prévoit-il des îlots verts et des constructions légères sur pilotis qui seront occupées par des entreprises. « Mais ces contraintes constituent également une belle occasion pour songer à une réouverture à la navigation, avec ce que tout cela peut supposer comme activités de loisirs, navettes fluviales, etc. » ajoute Christine Robin.


Saône digitale concerne essentiellement le développement économique de Mâcon mais elle aura des conséquences très positives pour l’ensemble de la ville. Le quartier des Blanchettes, à proximité immédiate, n’aura plus à subir le voisinage peu enviable d’une grande friche industrielle abandonnée. Ce projet s’inscrit dans une stratégie de réhabilitation globale pour une meilleure attractivité du territoire et pour faire évoluer l’image de Mâcon. De plus, le grand avantage de ce secteur c’est que, situé à 10 mn du cœur de ville, la connexion entre les berges de la Saône et le centre-ville est facile et évidente.


« Nous avons vu les choses en grand dès le départ. Ce projet semble très ambitieux mais l’objectif, c’est aussi qu’il puisse servir d’exemple parce que l’on sait que ce type de zone d’activités économiques, c’est l’avenir ! Et Mâcon, avec Saône digitale, s’y inscrit pleinement ! ».


Les fleurons actuellement présents à la Cité de l’entreprise sont déjà l’illustration que Mâcon est un terreau fertile, dans des domaines innovants concernant, entre autres, la viticulture et l’agro-alimentaire, les matériaux de construction, le numérique : Kineti Technologies, Ubitransports, Itelios, Maroquinerie Thomas, etc. sont autant de réussites dont la ville peut, déjà, s’enorgueillir ! Et ce n’est que le début…


Quelques chiffres

27 hectares réhabilités

54500 m2 de SDP (surface de plancher)

107 000 m2 de surface foncière

1 695 348 € HT coûts de travaux de démolition et de désamiantage financés pour 604 104 € par la Région et 516 285 € par l’Europe

Coût total : 7 millions d’euros

2000 emplois dont 1000 créés


Calendrier

décembre 2021 : dossier de création et concession d’aménagement

1er semestre 2011 : dossier de réalisation, début des acquisitions financières

2022/2023 : choix de la maitrise d’œuvre et finalisation des plans

2023/2025 : lancement des travaux sur les espaces publics (phase 1) et 1ères installations des entreprises

2030/2035 : travaux espaces publics (phase 2)