Touroparc se (re)découvre



Bouffée d’oxygène au milieu de 700 animaux et d’allées ombragées, Touroparc respire à nouveau depuis mi-juin. Le parc zoologique et d’attractions de Romanèche-Thorins, fermé trois mois, a lancé sa saison mi-juin avec un protocole sanitaire forcément omniprésent et quelques adaptations nécessaires. Mais que les amoureux de la nature et des animaux se rassurent, tous vous attendent avec une grande impatience et en toute sécurité, comme le confirme Thomas Gervais, le directeur du site.


Comment s’est organisée la vie à Touroparc pendant la crise sanitaire ?

Il y a eu deux phases. On a d’abord été très atteints moralement. Nous sommes habituellement ouverts toute l’année. Nous ne connaissons donc pas ces périodes de fermeture. Voir et vivre dans ce parc fermé a été choquant pour pas mal d’entre nous. Cela a été difficile humainement aussi car 60 % du personnel s’est retrouvé en chômage partiel, il faut savoir que Touroparc, c’est 150 000 € de coûts fixes par mois !

Et du côté des animaux ?

Pour certains, cela a été plus compliqué notamment les « domestiques ». Ils ont cette approche humaine, ont besoin de voir du monde. Les zèbres, notamment, sont très curieux, ils aiment les visiteurs. Les atèles, les loutres aussi, et même les éléphants qui ont cette interaction avec l’homme.

D’autres comme les lions et les tigres sont plutôt indépendants et solitaires. Une période comme celle que nous venons de traverser a permis de laisser gérer la nature. Les animaux ont forcément vécu cette période délicate et inédite, soit par un manque, soit par une tranquillité… même si personne ne saura jamais véritablement comment.

Vous êtes restés proches d’eux pendant toutes cette période ?

Toutes les équipes animalières sont restées sur le pont, il était hors de question de laisser des animaux sans soin, sans travail quotidien (vétérinaire, training…). On ne les a pas laissés tomber. On travaille avec du vivant qui a besoin de contact, et il ne fallait pas perdre ce contact. C’était cette deuxième phase. Continuer à faire vivre le parc, à l’entretenir…

Avec des travaux notamment ?

Au niveau technique, nous avons réalisé l’ensemble de la maintenance des attractions, comme c’est le cas tous les ans, mais aussi de la peinture. Le monorail a été remis en état, le torrent des grottes refait de fond en comble aussi, ce qui permettra aux visiteurs d’avoir une approche différente. On a revu les enclos, certains ont été repensés et rebâtis : ceux des singes magots, des ratons laveurs par exemple. Nous avons aussi fait des travaux dans la boutique. On a dû stopper pas mal d’investissements, mais j’ai essayé de revisiter le parc avec nos moyens, de faire en sorte que l’œil du visiteur soit différent entre hier et aujourd’hui. Depuis mon arrivée, chaque année, on essaie d’apporter un regard neuf et différent et de remanier deux-trois enclos pour que l’expérience change.


Dans quelles conditions se fera l’accueil du public cet été ?

Nous avons mis en place un protocole sanitaire pour préserver nos visiteurs et nous-mêmes. Un kit sera fourni à chaque « tribu », chaque famille disposera dès son arrivée au parc d’un kit avec des lingettes hydro alcooliques, quatre masques et un livret Route 71. En effet, ce kit est financé entièrement par le Département de Saône-et-Loire avec qui j’ai travaillé pendant deux mois pour être aidé financièrement à garantir ces mesures sanitaires. Nous n’avons pas de chiffre d’affaires depuis mars, sachant que nous avions déjà pris un petit coup sur la tête en terme de fréquentation sur les quinze premiers jours de mars, on avait vraiment besoin de ce coup de pouce.

Le but aujourd’hui est surtout de rassurer tout le monde…

Ce kit va permettre aux visiteurs d’être plus sereins, mais il y aura aussi plusieurs bornes de gels hydro alcooliques tout au long du parcours, principalement dans les lieux visités en intérieur : l’aquarium, le vivarium, le bâtiment des éléphants, la serre tropicale, la boutique, le musée. Nous avons également mis en place une signalétique de prévention pour certains sites, (masques obligatoires en intérieur). Et des messages généraux pour faire attention (ne pas toucher les vitres, par exemple) et permettre à chacun de vivre son expérience en toute sécurité. Les visiteurs doivent être tranquilles et sereins en venant chez nous.

Et en ce qui concerne les attractions ?

L’espace aquatique restera fermé cette saison. Pour le reste, les attractions ouvriront toutes. Il y aura du gel devant chaque attraction, chaque opérateur va inciter les visiteurs à se désinfecter les mains. C’est une des mesures que j’ai souhaité prendre, pour sécuriser tout le monde. Les attractions seront également nettoyées régulièrement, tout en faisant le maximum pour que les files d’attente ne soient pas trop longues.

Cet été, ce sera donc plus que jamais l’occasion de redécouvrir les animaux…

On s’appelle Touroparc Zoo et nous sommes avant tout un zoo. Les attractions permettent de proposer une vision différente : le monorail offre une vue sur des enclos, les tacos une vue de derrière sur les éléphants. Ces attractions ont toutes été mises en place en préservant le bien-être animal. Les attractions, le zoo et l’aquatique c’est un triptyque complémentaire qui permet de passer toute la journée au parc, mais il est vrai que les visiteurs ont peut-être tendance à passer trop rapidement la partie zoo, en arrivant tôt le matin, et à ne pas y repasser dans la journée. Or, nous voyons tous les jours que les animaux ne sont pas les mêmes le matin, le soir… Ne serait-ce qu’en l’espace de dix minutes, vous pouvez capturer des moments complètement différents, des situations particulières de vie sociale entre eux.

C’est ce que vous appelez le vivre ensemble ?

On essaie depuis deux ans d’avoir de la mixité dans les enclos. Notre slogan est effectivement le vivre ensemble qui correspond très bien au contexte actuel finalement. Sortons et vivons ensemble, pour les animaux c’est pareil. On a cette mixité au sein du parc, cela créé parfois de drôles de situations entre les animaux, mais cela créé aussi un lien social.

Les visiteurs pourront également voir le girafon…

Il est né en décembre et a fait sa première sortie publique en février. Finalement, seuls ceux qui sont venus lors des vacances d’hiver ont pu voir ses premiers pas dehors. Après en terme de naissance, on a surtout eu des oies Céréopse, les antilopes, des magots il y a un an, et beaucoup de chèvres.

En ce qui concerne les arrivées, tout a été stoppé ?

On a eu pas mal de naissances l’année d’avant, certains animaux devaient partir, mais tout a été gelé. Le plus gros des transferts se fera donc en septembre-octobre, avant l’hiver. Il faut savoir que quand on se sépare d’un animal, ce n’est pas parce qu’on n’en veut plus, c’est simplement pour des raisons naturelles, des programmes de reproduction, ou pour éviter les rixes. Pour la mixité, j’attendais au printemps des suricates pour les mettre avec les potamochères. Dans la nature, ils peuvent vivre ensemble et s’entendent très bien. Cela n’échappera pas à ceux qui connaissent le film Le Roi Lion. Aujourd’hui, à nous de gérer tout cela pendant quelques mois pour rebondir cet automne !