Un Printemps de Pérouges version light… et assis ?


Jauge limitée à 5 000 personnes, distanciation physique, spectateurs assis... C’est à ces seules conditions que pourront se tenir cet été les festivals à jauge debout. Des contraintes strictes bien loin de l’esprit festival qui condamnent les concerts grands formats et menacent l’ensemble des festivals français.


Dans la plaine de l’Ain, le Printemps de Pérouges, qui doit se dérouler du 10 juin au 6 juillet, n’échappe pas à cette incertitude comme l’explique Marie Rigaud, sa directrice…

« L’ensemble des festivals de France sont mis à mal et vont être contraints d’annuler parce que le cadre formulé actuellement ne permet pas de faire de concerts débout. Au delà de l’esprit, une jaune trop stricte, économiquement parlant, c’est impossible. »


Pour la fondatrice du Printemps de Pérouges, l’interdiction de bar et de restaurant, la mise en place d’une signalétique et de sens de circulation, l’absence de consignes claires sont autant de frein pour organiser les choses sereinement. « Plus on est organisé, plus on nous demande de réunir des conditions un peu lunaires. C’est un contresens total avec l’esprit d’un festival, ces contraintes ne sont pas tenables, on ne va quand même pas mettre un agent de sécurité par personne ? » Sans parler des artistes internationaux dont la présence reste plus qu’hypothétique vu les difficultés pour sortir et entrer du territoire…


Dans sa programmation, le Printemps de Pérouges jongle entre spectacles assis au Château de Chazey et concerts grand format au Polo Club de Saint-Vulbas, ce qui lui laisse une porte de sortie que les organisateurs ne vont pas laisser passer. « Si on se réfère à tout ce qui est dit, la plaine de l’Ain est aujourd’hui inaccessible. On se donne encore quelques jours pour voir si les choses bougent. En revanche, sauf cataclysme d’ici là, on démarrera bien le festival le 10 juin pour une série de dix jours de concerts sur le site de Chazey, en configuration assise et en jauge réduite. »

Et le public dans tout ça ? « On le sent réticent, les billets ne se vendent pas… On a fait un sondage pour connaître leur réaction par rapport aux mesures imposées, 90 % de notre public, qui est surtout familial, accepterait de venir en configuration assise. Ils sont aussi d’accord pour présenter un test PCR. Le public a très bien compris que pour reprendre une vie normale, il faudra passer par des tests, des applications, des codes QR… Certains seront réfractaires, mais il va falloir se résoudre à vivre comme ça. On espère tous l’an prochain notre retour en pleine jauge, en plein esprit festival avec des protocoles certes, mais sans qu’ils soient fous, ni effrayants, sinon on n’y arrivera pas… Début juin, on va se jeter dans la gueule du loup, on verra si les gens viennent et dans quel état d’esprit, ce qui nous permettra aussi de préparer le festival d’après… »


Toutes les infos sur www.festival-perouges.org



Debout ou pas du tout !

Depuis fin mars, une quarantaine de festivals à jauge debout exprime leur désarroi à coup de photo de chaise vide et du hashtag #deboutlesfestivals sur les réseaux. Leurs organisateurs de festivals en appellent une dernière fois au ministère. Si les règles n’évoluent pas, beaucoup annuleront : « Au-delà de la logistique coûteuse et complexe qu’implique la mise en place d’une configuration assise, et leur réduction à 5 000 spectateurs avec distanciation, cette disposition dénature l’essence même de leurs festivals. »