Wooskill partage les talents

On a tous un talent et une expérience à partager, alors pourquoi s’en priver ? Surtout quand une plateforme digitale vous facilite la tâche. Cette plateforme, c’est celle de Wooskill, une jeune start-up plein d’ambition. Jusque-là installée en région parisienne, elle vient d’arriver à Mâcon. D’abord au sein de la pépinière d’entreprise de Mâconnais Beaujolais Agglomération, la société rejoindra ensuite la rue Gambetta et les locaux d’Ubitransports dans le centre-ville. Sophie Kerob, serial entrepreneuse et fondatrice, nous en dit plus sur ce concept unique…


Comment est née Wooskill ?

J’ai la chance d’avoir créé une première société dans les années 2000, dans le domaine de la santé. Avec un objectif très précurseur à l’époque : digitaliser les pratiques. On a transformé les métiers traditionnels de la santé en métiers multimédias. Par exemple, on gérait le réassort des pharmacies au lieu d’envoyer des commerciaux pour passer les commandes au laboratoire, on a développé des métiers multi canaux autour avec la formation des pharmaciens. On formait aussi l’ensemble des personnels soignants aux nouvelles thérapies. Il y avait enfin ce volet accompagnement des patients à distance.

Si je raconte tout cela c’est parce que toutes ces années, j’ai travaillé sur la digitalisation de métiers qui étaient très traditionnels et conservateur. J’ai apporter une mise en relation beaucoup plus simple et sur mesure dans ce domaine de la santé. Et cela m’a beaucoup inspiré. À la fin de mon aventure Direct Medica (cédé au Webhelp en 2019 pour 100 M€), j’ai travaillé sur un projet de téléconsultation médical en 2017, là aussi très avant-gardiste, développé pendant deux ans avec Philippe Isaac, un de mes associés aujourd’hui. Là encore, ça nous a énormément éclairés sur les bénéfices de pouvoir échanger avec un expert d’où que l’on soit, quand on le veut. Toutes ces technologies avec un beau potentiel pouvaient être intéressantes dans un domaine autre que la santé…


Notamment dans le partage de compétences et d’expériences…

Aujourd’hui, grâce aux outils technologiques d’échanges à distance, on doit pouvoir démocratiser l’accès aux compétences, les rendre accessibles à toute personne quel que soit son réseau personnel, sa localisation ou son statut social. On doit tous pouvoir échanger avec des personnes qui savent, des gens bourrés de talents qui pourraient partager leurs expériences et leurs conseils et permettre à d’autres de prendre une bonne décision, de préparer un entretien ou même de se rassurer ! On a toujours besoin de parler à quelqu’un qui sait ! Et on n’a pas toujours dans notre entourage ces personnes qui peuvent nous aider.


Quelles sont les talents et les compétences que l’on retrouve aujourd’hui ?

Avec Wooskill, on peut découvrir des métiers, se préparer à un entretien d’embauche, trouver un régime sur mesure de chez soi sans avoir à consulter, recevoir des conseils de coach sportif… Quand on veut créer une société, on se pose plein de questions : quel statut prendre, comment développer un premier site vitrine, comment exister sur le web, comment utiliser un logiciel pour faire de la video ? Là-encore pouvoir échanger avec quelqu’un qui nous forme et nous transmet ses compétences pendant une, deux, trois heures pour 20, 30 ou 40 € c’est fabuleux.

Il y a aussi toutes ces personnes en recherche de lien social. Je pense aux seniors à la retraite, des personnes bourrées de talents et de savoirs qui se retrouvent avec un sentiment d’inutilité alors qu’elles pourraient éclairer plein de jeunes. On met en relation des moins jeunes avec des jeunes, des jeunes avec des plus jeunes. De la même façon, les salariés peuvent échanger avec des gens à la recherche d’un emploi, des entrepreneurs avec ceux qui rêvent d’entreprendre. On casse les codes, les castes, j’ai envie de dire. On crée aussi de la fluidité dans un monde du travail encore rigide qui peut être repensé et modernisé.


Concrètement, comment ça marche ?

L’accès à la plateforme est gratuit. On s’est vraiment inspiré de LeBoncoin, à la grande différence que sur LeBoncoin on partage ce que l’on a, sur Wooskill ce que l’on sait. Tout le monde peut être skiller ou client, offreur ou demandeur, gratuitement. On ne se rémunère que quand il y a une transaction qui se fait sur le site. Donc vous avez un talent à partager, il suffit de proposer ce service en vous inscrivant et en créant un profil. Dans ce profil, il suffit de créer des offres un peu comme quand on met une annonce en ligne : on définit les modalités (visio, présentielle, masterclass à plusieurs ou séance individuelle), le prix, la durée et on explique avec des mots clés qui permettent d’aller plus vite dans les recherches. Une fois que tout cela est fait, l’annonce est en ligne, même si nos modérateurs vérifient, aident à la rendre plus professionnelle ou l’enlèvent s’ils jugent que ça sort des règles de bonne conduite qu’on a édictées.


Et pour le client ?

Grâce à la plateforme, il peut faire tout le chemin de A à Z avec un expert. Il commence par filtrer sa recherche en fonction de ses critères, prend connaissance de l’offre, regarder les dispos, prend un rendez-vous directement sur la plateforme, et le jour J échange en visio sur la plateforme sans avoir à télécharger d’autres liens. Il peut également échanger avec le skiller sur la messagerie intégrée. Tous les outils sont intégrés, même le paiement en ligne. C’est vraiment assez simple d’utilisation, très intuitif même si on a encore plein d’idées pour le rendre plus simple. Elle va d’ailleurs évoluer constamment. En ce qui concerne le paiement, le débit n’intervient que 48 heures après la fin de la prestation parce que si cela s’est mal passé, le client peut en faire part à Wooskill qui en tient compte.


Quels sont les premiers retours ?

La plateforme est belle, moderne et très conviviale, ce sont les premiers commentaires que l’on peut avoir sur l’outil. En ce qui concerne les retours clients pour le moment, Wooskill est encore toute jeune et on a besoin d’avoir du trafic pour pourvoir lire les avis des autres. Les gens sont très en attente de cela. En attendant, on va travailler en interne, vérifier tous les profils, les diplômes et mettre des labels. On aura aussi le label coup de cœur, Top Skiller. Une garantie d’un Skiller très crédible avec une offre bien renseignée, un prix cohérent, une méthodologie validée… Notre trafic est déjà en très forte augmentation alors même que la première année a été consacrée au recrutement des skillers - plus de 10 000 personnes qui proposent aujourd’hui leurs compétences - et que nous n’avons ouvert nos portes aux clients que le 8 mars dernier.


Pourquoi avoir choisi de vous installer à Mâcon ?

On a croisé un jour le chemin d’Ubitransports et Jean-Paul Médioni nous a vanté les mérites de Mâcon sur beaucoup de points et en particulier sur la mobilisation de l’éco système local pour accompagner les sociétés. On s’est alors dit que cela pouvait être intéressant pour nous, même si à l’époque nous n’avions pas forcément prévu de partir de la région parisienne.

On a ensuite rencontré la BPI, la Région, l’Agglomération et on s’est rendu compte que l’on pouvait compter sur leur soutien. Ce qui est précieux pour une start-up. Le maire de Mâcon et les élus locaux se sont également mobilisés pour nous rencontrer et nous ont garantis qu’il ferait tout pour nous aider obtenir ce dont on avait besoin.

À côté de cela, la situation géographique de Mâcon est également importante. Même s’il ne s’agit pas d’une grande ville, sa proximité avec Lyon va nous permettre d’aller chercher des profils rares, des experts du marketing digitale par exemple et de leur offrir ici une qualité de vie extraordinaire. Nous sommes complétement confiants sur le fait de réussir à attirer des talents à Mâcon.


Justement en termes d’effectifs, combien serez-vous ?

On espère être une dizaine dans les locaux d’ici la fin de l’année. Ça sera peut-être plus… Une fois les ressources attirées ici, elles vont s’inscrire dans la durée et accompagner le développement de l’entreprise. Elles seront des forces vives de la société. On souhaite se garantir un pôle d’expertise pérenne. Tous les nouveaux recrutements vont se faire à Mâcon, en ce qui concerne les alternants avec lesquels on travaille sur Paris, dès qu’un contrat arrivera à échéance, il sera renouvelé à Mâcon.

On a aussi l’ambition d’aider l’agglomération à se développer ce pôle digital, on a un rôle à jouer dans ce projet ambitieux. Notre entreprise reçoit beaucoup, mais elle peut aussi donner à sa mesure et s’inscrire par exemple dans un projet de développement d’une école du digital. On souhaite vraiment apporter notre petite pierre à l’édifice et construire un vrai pôle digital dynamique. Notre objectif est vraiment de pouvoir s‘ancrer vraiment dans la région et plus on rayonnera, plus on va faire venir des gens à Mâcon !